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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Les ombres longues

CORRIVEAU, ANTOINE

Coyote

jeudi 20 mars 2014, par Jean-François Rioux

(5/5) Pour son deuxième album, Corriveau plonge encore une fois la tête dans une profonde mélancolie pour y laisser danser et virevolter son âme au dessus des chansons ténébreuses. La voix d’Antoine oscille entre celle d’un homme souffrant et de son contraste lumineux servant de boussole en forêt.

Dès les premiers pas du morceau d’ouverture, Un par un, on peut y sentir un chemin inquiétant, sombre qui nous entraine on ne sait où, mais on le suit par intuition puisqu’une certaine lumière scintille droit devant nous à une distance qui nous semble atteignable. Tout au long du périple on regarde à gauche, à droite, inquiet mais porté par des mélodies nous réchauffant le corps et nous donnant de plus en plus de confiance. Éclairer d’une pleine lune, on y voit des silhouettes qui ne semblent pas menaçantes mais tout de même intrigantes. L’air est lourd, humide, chaque pas fait craquer des brindilles, des feuilles humides et cette mélodie si basse et ses tambours au loin qui se rapprochent de nous.

Soudainement, on se met à courir, pour arriver plus rapidement à cette lumière, on se sent suivi, pourchasser mais pourtant rien derrière. La voix persiste, elle vient de partout, elle est abimée, juste, belle et froide. On y discerne des paroles, une poésie sur laquelle on ne s’y attarde pas en premier lieu puisque les distractions sont trop nombreuses.

Le langage est familier, le tout est de plus en plus réconfortant et on se rencontre que nous ne sommes plus seuls, nous sommes entourés d’un orchestre naturel, mature et en symbiose. Le vent dans les feuilles, le battement du pouls, le vrombissement d’une route pas si lointaine et le chant de criquets accentué de l’imagination a créé cette symphonie. Les ombres longues, reflets du feu brulant, des chansons bien ficelées et une atmosphère homogène du début à la fin, comme une histoire, comme un conte, comme un rêve.

Antoine Corriveau a pris énormément de maturité et parvient avec cet album à créer une perle qui gagne à reluire d’écoute en écoute. Ce n’est pas seulement un des beaux disques entendus cette année, c’est un des plus beaux albums québécois des deux ou trois dernières décennies.

- Desc. : Folk-rock sombre
- R.S. V.A. : Les Chiens (La nuit dérobée), Califone, Mike Johnson

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