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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Grey Oceans

COCOROSIE

Sub Pop

mercredi 7 juillet 2010, par Éric Dumais

(3.5/5) Après s’être fait connaître avec le sublime La Maison de mon Rêve (2004), puis avec le moins étonnant, mais délectable The Adventures of Ghosthorse and Stillborn (2007), les sœurs Casady reviennent en pleine forme avec une véritable bombe de la platine, intitulée Grey Oceans. D’une complexité indéniable, l’opus inspire cependant mystère et crainte au mélomane mal avisé. Sachez qu’il faut être bien préparé avant de pénétrer dans le monde fantastique et farfelu de CocoRosie.

L’album Grey Oceans se lit comme un livre ouvert et se déploie comme une fleur en pleine floraison. En effet, les textes de Bianca et de Sierra Casady, lesquels sont imbibés par les larmes de la mélancolie et la flamme de vivre, s’offrent à nous comme une poésie intime et personnelle. On a l’impression à chaque pièce d’entrer dans un tableau vivant ou dans le jardin secret des deux musiciennes. C’est probablement la raison pour laquelle on a tant l’impression de les connaître à la fin d’un album, parce qu’elles sont vraies, sincères et 100% transparentes. Elles se livrent à cœur ouvert autant dans leurs paroles que dans leur musique, et c’est ce qui fait la beauté de leur union.

Grey Oceans est une avancée majeure dans la carrière de CocoRosie. Le piano est beaucoup plus présent qu’à l’accoutumée, signe d’un désir de changement assez flagrant, et il accompagne à merveille des pièces aussi mélodramatiques et intimistes que Grey Oceans et Lemonade. Le style de l’opus est plus épuré qu’auparavant, et les mélodies, plus sensibles, plus travaillées, voire plus matures. Bianca et Sierra Casady n’ont cependant pas perdu leur esprit enfantin, puisqu’il est possible d’entendre une comptine dans la chanson Hopscotch. Mais c’est tout, et c’est bien assez comme ça. Avec Grey Oceans, elles ont désormais pris de l’âge, de l’expérience, et préfère savourer les résultats d’un dur labeur. Nous aussi, d’ailleurs. Comme sur leurs anciennes parutions, les sœurs Casady maîtrisent toujours les textures électro-pop, dont nous pouvons entendre certains extraits sur Smokey Taboo, une pièce orientalisante d’une pureté exquise et sur Fairy Paradise, où elles chargent l’ambiance d’une atmosphère dramatique de haut calibre.

- Desc. : Électro-pop mélodramatique
- R.S.V.A. : Joanna Newsom, Karen Dalton, Björk

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