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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Original Darkness

CHRISTINA CARTER

Kranky

vendredi 12 décembre 2008, par Jean-François Sénéchal

(3/5) L’écoute du plus récent opus de Christina Carter pourrait déstabiliser ceux et celles qui ne sont pas familiers avec son travail précédent, notamment au sein du groupe Charalambides. Ce dernier, formé du couple Christina et Tom Carter, explore depuis une quinzaine d’années les zones d’ombres de l’âme humaine à travers des compositions/improvisations nourries par le psychédélisme et d’autres tendances exploratoires du rock contemporain.

Si Christina et Tom Carter continuent encore aujourd’hui leur fructueuse collaboration, leur séparation en tant que couple n’est pas étrangère au développement récent de leur matériel solo respectif.

Avec Original Darkness, son troisième album, Christina Carter élabore un univers musical troublant où priment les guitares (acoustiques et électriques) et les claviers. Sa voix est également présente, toujours aussi lancinante et chevrotante, dans les dix compositions qui composent l’album. L’ambiance y est moins cauchemardesque qu’elle ne l’était parfois chez les Charalambides, mais elle préserve quelque chose d’inquiétant et de spectral, comme si elle précédait ou suivait un mauvais voyage halluciné. Les titres des pièces (« Capable of murder », « Suffering », « In Prisoned Body »…) suggèrent l’âme torturée de Christina Carter, mise à nue tout aussi bien dans ses textes que dans ses compositions minimalistes. La dissonance règne sur ces pièces qui ne nécessitent pas de hurlements ni de distorsions pour exprimer le dénuement et les errements douloureux de l’esprit. Les notes s’écartèlent et se répètent, ainsi que les mots, pour créer des pièces qui, sans structure solide apparente, martèlent l’inconfort de vivre comme des mantras angoissants.

Ainsi ne faut-il pas chercher de mélodies dûment élaborées dans ces condensés d’émotions et de pensées brutes. Destiné à ceux et celles qui acceptent de perdre leurs repères habituels, ce disque propose un folk foncièrement décalé, hanté par les fantômes intérieurs de Christina Carter.

- Desc. : Folk spectral
- R.S.V.A. : Charalambides, Dawn Smithson, Double Leopards

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