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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Pain is Beauty

CHELSEA WOLFE

Sargent House

jeudi 7 août 2014, par François Laplante

(4/5) Pain is Beauty de Chelsea Wolfe tourne chez moi depuis déjà plusieurs mois, et s’est même retrouvé en cinquième position dans mon top 10 personnel des meilleurs albums de 2013. Malgré tout, lorsque l’on veut rédiger une critique un tant soit peu rigoureuse et approfondie, il ne suffit pas de se fier à nos impressions (favorables). Je profite donc d’un voyage en train entre Montréal et Québec pour replonger à fond dans l’univers gothique que nous propose l’auteure-compositrice-interprète californienne.

Le style de Chelsea Wolfe est difficilement identifiable. Après un écart folk avec son album précédent (Unknown Rooms : A Collection of Acoustic Songs, toujours chez Sargent House), elle revient à ses racines. Gothique dans l’ambiance, avec des guitares rappelant le métal Doom, une voix s’inspirant ouvertement des chanteuses folk islandaises, des orchestrations empruntant à la musique drone, voire au postrock, Pain is Beauty est un album d’atmosphères, où les ténèbres, la mélancolie et la douleur ne laissent pas vraiment de place au soleil et à la joie de vivre. C’est un album possédant une très grande charge émotive. C’est un album à écouter la nuit.

Le train quitte l’ile lorsque les premières notes de Feral Love se font entendre. Instantanément, on est transporté dans l’univers glauque de Chelsea Wolfe. L’effet est saisissant, l’efficacité de l’orchestration fait en sorte que l’auditeur ne peut que se laisser pénétrer par cette ambiance et y prendre part. Les premiers instants sont psalmodiques, monocordes, inquiétants, supportés par une percussion soutenue et mitraillée, et nous transportent, avec un crescendo accentué par des effets de cordes, d’électro et de voix lyriques, vers un refrain coup-de-poing.

L’émotion de Pain is Beauty passe également par les textes, d’une grande poésie. Chelsea Wolfe est une auteure douée, les paroles sont profondes, introspectives, mélancoliques, romantiques. Si pour certaines chansons, les textes s’apparentent davantage à des poèmes (The Warden, Kings, Lone), ils s’agencent toujours parfaitement à la musique. Les thèmes abordés passent de l’amour (dans toute sa douleur), à la folie (la pièce Sick, à ce sujet, est extrêmement puissante), à la mort.

Nous pourrions reprocher à Pain is Beauty d’être trop homogène. En effet, même si elle ne considère pas nous avoir livré un album concept, les différentes pièces s’harmonisent si bien entre elles, sans qu’aucune ne se démarque véritablement, qu’en fin de compte, il s’agit davantage d’un voyage introspectif et émotif qu’un simple amalgame de titres.

Pain is Beauty est un album magnifiquement bien écrit, réalisé et orchestré. Peut-il s’écouter dans toutes les circonstances ? Non. Privilégiez la nuit, la pluie, la solitude et les écouteurs. Ici, le train arrive à destination, les lumières de la ville font reluire les gouttes de pluie sur les vitres du wagon, l’album a joué deux fois dans mes oreilles et je n’ai pas vraiment envie que cela s’arrête. L’effet est réussi.

- Desc. : Dark électro-goth rock
- R.S.V.A. : Portishead, Austra, Zola Jesus

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