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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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City of Refuge

CASTANETS

Asthmatic Kitty

mardi 2 décembre 2008, par Nicolas Pelletier

(5/5) Voici un album qui pourrait à lui seul inspirer Quentin Tarantino ou David Lynch à réaliser leur prochain film. Les ambiances y sont tendues, étrangement glauques (je dirais « spooky » en anglais) et en même temps plutôt aérées. Le traitement est extrêmement épuré. On n’y entend que des guitares acoustique ou électrique, à la limite un rare et discret banjo, accompagnant la voix principale, celle de Raymond Raposa. Quelques chœurs, rares mais doux et efficaces, se greffent au tout. Jamais de batterie, de basse, ni quoi que ce soit d’autre.

La voix nasillarde de Ray Raposa traîne un fort accent sudiste. Sa voix est nasillarde, mais ses propos sont intimes, vaguement poétiques et lentement exprimés. Un peu comme si les Gruesomes reprenaient du Cohen (!). On peut aussi situer la musique des Castanets dans le genre de celle de Neil Young - pour la (brillante) bande sonore de Dead Man (comme l’instrumentale à la guitare The Destroyer) -, ou inquiétante et hantée comme plusieurs moments de la carrière de Johnny Cash ou même de Dylan. Raposa est avare de mots. Dans Prettiest Chain, c’est tout juste s’il prononce trois ou quatre phrases, dans Refuge I, il répète : « I’m gonna run to City of Refuge » inlassablement, et pourtant, il n’en faut pas plus : l’ambiance est tangible, le traitement est original, l’auditeur est transi. Même si extrêmement lo-fi, les sonorités sont intéressantes et subtiles. On perçoit presque l’air entre l’ampli et le micro. À certains moments, on entend plusieurs guitares « jammer » ensemble, mais plusieurs sont perdues au loin, dans un effet de réverbération amplifié. Tout est bien dosé, à l’instinct. On est très loin d’une production léchée, et c’est très bien ainsi !

Curieusement, l’album débute avec des sons qu’on croirait électroniques, ou est-ce de la guitare électrique très modifiée ? Mais ne vous laissez pas berner, on retombe vite en plein garage folk lo-fi, en plein americana dépressif (Savage). Les Castanets, qui en sont à leur quatrième opus, virent parfois vers le alt-country plus traditionnel en fin d’album (la fabuleuse Glory B où des voix angéliques supportent avec douceur et élégance la voix éraillée de Raposa), mais encore là, c’est tellement lent et hanté que Tindersticks sonnent pop en comparaison ! Un voyage intense. Espérons que ça tombe dans les oreilles de Tarantino ou de Lynch et qu’ils les mettent en valeur.

- Desc. : Garage folk lo-fi americana
- R.S.V.A. : Herman Düne, Tindersticks, Sufjan Stevens

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