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Phrazes For The Young

CASABLANCAS, JULIAN

RCA

vendredi 12 mars 2010, par Éric Dumais

(4/5) Un autre membre des Strokes vient de mettre à terme un projet parallèle auquel il s’était affairé au courant de la dernière année. Cette fois-ci, c’est au tour de Julian Casablancas de réaliser son propre opus. Alors que les autres membres sont occupés par-ci par-là à gagner leur vie, le chanteur des Strokes ne fait pas exception à la règle avec son excellent Phrazes For The Young, un premier album solo qu’il signe de son nom.

Comme la plupart des fans des Strokes le savent déjà, le groupe est présentement en arrêt forcé, ce qui ne les empêche pas pour autant de performer dans d’autres formations, que l’on pense, en guise d’exemples, à Albert Hammond Jr, qui en est déjà à deux albums solos ou à Fabrizio Moretti, qui a fondé Little Joy. Néanmoins, chacun vaque pour l’instant à ses propres occupations et, si c’est pour le bien du groupe, c’est tant mieux pour nous. Mais Julian Casablancas s’est imposé un défi de taille, car en tant que leader et chanteur de la célèbre formation new-yorkaise, il devait s’en détacher et nous offrir quelque chose de moins garage-rock, peut-être aussi de moins post-punk que les Strokes. Pour s’en être éloigné, il a réussi. L’artiste new-yorkais nous offre un premier effort marqué par une pop beaucoup moins rock, avec des effluves électroniques qui accompagnent d’une main experte des guitares électriques énergiques et frivoles, mais toujours avec cette voix morne et monotone qui a déjà fait sa marque.

Phrazes For The Young est étonnamment bon, mais il est évident que les fans invétérés des Strokes n’y retrouveront pas la recette gagnante qui les avait tant séduits auparavant. Julian Casablancas a plutôt opté pour une pop qui fait, à certains moments, très 80’s, et cette influence fortement ancrée sur l’opus peut s’entendre sur des compositions telles que 11th Dimension ou Glass. Sinon, la mélodie est assez rapide, accentuée, comme je l’ai mentionné précédemment, de certaines touches électroniques qui apportent du piquant et un peu plus de complexité aux compositions. La principale qualité de l’album est qu’il est accrocheur, et ce, dès la première chanson. Il ne suffit que d’une écoute pour déjà chanter le refrain d’Out Of The Blue : « How could you be, so perfect for me, why can’t you ignore, the things I did before ». Elle est bonne, entraînante, énergique, elle fait du bien. Pour la suite, on a le droit à un répertoire aussi varié qu’étonnant qui n’est pas sans rappeler les vagues de new-wave britannique et d’électro-pop français qui ont occupé une grande place sur la scène musicale. L’album est un ravissement jusqu’à l’excellente River Of Brakelights, pour laquelle j’offre une révérence en inclinant le buste jusqu’au sol.

Il y a probablement déjà des mélomanes qui se sentent trahis ou qui sont simplement déçus d’avoir lu cette critique. Rassurez-vous, The Strokes est encore en vie et ils sont présentement en train d’enregistrer leur quatrième album en carrière.

- Desc. : Pop-rock, Électro-pop
- R.S.V.A. : The Strokes, Postal Service, Julian Plenti

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