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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Love This Giant

BYRNE, DAVID & ST. VINCENT

4AD

vendredi 2 novembre 2012, par Nicolas Pelletier

(4/5) Leur présence était sans conteste le grand moment du 11e festival Pop Montréal en septembre dernier. Avec une performance inspirée à l’Église St-Jean-Baptiste, l’improbable duo composé du vétéran David Byrne et de la jeune et fougueuse Annie Clarke (alias St. Vincent) a présenté sur scène leur étonnant album dans lequel règnent les cuivres.

Comme on a pu le constater sur l’autel de la magnifique église du Plateau le 23 septembre 2012, la musique de Byrne et Clarke s’appuie bien plus sur des tubas, cors français, trombones et trompettes que des instruments rock. Il y a bien sûr les guitares de l’ex-leader des Talking Heads (acoustique et rythmique) et celle de la jolie aux yeux verts (électrique et souvent saccadée) et une batterie, mais autrement, ce sont les cuivres et les voix qui mènent le tout. On a donc des morceaux assez énergiques (l’excellent Who, qui ouvre l’album) d’un rock élégant (Dinner for Two) aux mélodies qui ne sont pas nécessairement très accrocheuses au premier abord (Weekend in the Dust).

Les deux créateurs sont bien en voix (I Am an Ape) et ont eu un plaisir évident à jouer ensemble sur scène et sur disque. St. Vincent est manifestement une admiratrice de Byrne (il fallait la voir le regarder !) qui lui était perceptiblement conscient de se faire voler la vedette par la talentueuse guitariste et charismatique performeuse qu’est Annie Clarke. Sur disque, elle s’illustre sur The Forest Awakes, où sa voix solide et affirmée n’est entourée que de cuivres jouant de façon saccadée et d’un rythme tribal. Le terrain parfait pour son jeu de guitare électrique très impulsif. Lorsque plus mélodiques, les voix des deux stars se complètent magnifiquement bien, notamment sur Lazarus.

« Love This Giant » n’est pas un album facile. Il exige plusieurs écoutes attentives avant d’être bien reçu puis digéré et finalement apprécié. Il y a beaucoup d’éléments à assimiler simultanément, dont le jeu des cuivres qui prend beaucoup de place et qui est peu orthodoxe dans le milieu du rock. Il faut dire que David Byrne n’a jamais trop joué dans les platebandes de la pop commerciale standard. Les hits pop qu’il a connus avec les Heads entre 1977 et 1991 étaient souvent des pièces un peu bizarres, humoristiques, hétéroclites. Et ce furent quand même de grandes chansons : Burning Down the House, And She Was, (Nothing but) Flowers... pour ne nommer que celles-là ! Ne vous attendez pas à ce genre de morceaux ici, c’est beaucoup plus obscur et pas aussi accrocheur. Pour Annie Clarke, c’est une collaboration qui visiblement l’a ravie et qui amène un sceau de qualité à sa propre démarche, fort populaire dans le milieu indie rock.

- Desc. : Pop alternatif
- R.S.V.A. : John Cale, St. Vincent, Talking Heads

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