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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Fallen

BURZUM

Byelobog Productions/Candlelight

jeudi 23 juin 2011, par Yannick Valiquette

(3.5/5) En mars 2010, après 16 ans d’incarcération et maintes spéculations, Varg Vikernes répondait à la question qui brûlait autant les lèvres de ses fans que celles de ses détracteurs : allait-il vraiment revenir au black métal une fois libéré de prison ? Sa réponse fut Belus, un album qui évoquait l’époque du désormais classique Filosofem tout en reléguant ses deux albums instrumentaux (entièrement composés à l’aide de synthétiseurs à partir de sa cellule) à de mauvais souvenirs. À peine un an plus tard, Varg écrit un nouveau chapitre de Burzum avec Fallen et en profite pour approfondir quelques idées effleurées par son prédécesseur.

Une fois l’intro obligatoire et plutôt anodine terminée, Fallen fait place à « Jeg Faller » et déballe aussitôt toutes les caractéristiques que l’on s’attendrait à entendre sur un disque de Burzum : des guitares hypnotiques, répétitives mais captivantes, une atmosphère mélancolique et brumeuse, une réalisation crue, un jeu de batterie rudimentaire mais efficace et bien sûr les cris singuliers de Varg Vikernes. La surprise arrive alors qu’il attaque le refrain avec des mélodies de voix claires et, tenez vous bien, entraînantes qui font judicieusement contraste avec l’ambiance typiquement black métal des guitares. La formule demeure sensiblement la même pour le reste de l’album, Varg alternant entre les cris, les chants et les chuchotements souvent au sein d’une même pièce. Le riff de « Valen » est probablement celui qui aura le plus tendance à se rapprocher du heavy métal traditionnel, tandis que les deux pièces suivantes, « Vanvidd » et « Enhver til Sitt » affichent un côté plus glauque et direct qui nous renvoie aux sonorités de Det Som Engang Var. Sans doute le moment clé de l’album, « Buddstikken » démontre l’aisance qu’a Varg à composer de longues pièces à la fois dynamiques et répétitives sans laisser de place à l’ennui. L’album se termine sur une note expérimentale avec « Til Eg og Tilbake Igjen », un étrange morceau aux accents tribaux qui est assez intéressant, mais qui arrive malheureusement un peu tard et peine à trouver sa place dans le contexte de l’album.

Si Belus servait en quelque sorte de récapitulation d’où en était Burzum avant les événements ayant menés à son incarcération, Fallen serait plutôt la démonstration de ce que Burzum peut maintenant devenir. Sans être le plus convainquant de ses albums, Fallen obtient quand même une place unique dans la discographie de Burzum et laisse présager que le meilleur est à venir.

Desc. : Black métal atmosphérique R.S.V.A. : Drudkh, Taake, Xasthur

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