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This Is a Velvet Underground Song That I’d Like to Sing

BURGER, RODOLPHE

Bonsai

jeudi 23 août 2012, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) Oh, que c’est dangereux de s’attaquer aussi directement au mythe ! Reprendre une chanson du Velvet, passe encore, mais un album complet ? Aller jusqu’à utiliser un échantillon de la voix de Nico en concert qui dit, justement, le titre de cette œuvre ? C’est un terrain glissant.

Mais à mon humble avis (et en tant que fan fini du Velvet et de M. Reed), l’ex-leader de Kat Onoma (1986-2004) s’en tire plus que bien avec ses versions des classiques du légendaire et influent groupe new-yorkais. Sur I’m Waiting For My Man, il recourt très bien au piano redondant, rappelant presque davantage le jeu de John Cale sur Songs for Drella que celui, plus confus, sur l’album « banane » de 1966. Les guitares qui s’enflamment vers la fin recréent bien l’anarchie habituelle aux chansons du Velvet, mais la batterie demeure dans les sentiers du rock, assez loin du minimalisme de Moe Tucker. Le son de guitare s’approche assez de celui des disques récents de Lou Reed : brut, archi-distorsionné, acéré. La suivante est la non moins célèbre Rock And Roll, lancée par une intro de tonitruantes guitares avant de retomber dans un rock (and roll) plus classique. Cette fois, la batterie est plus carrée. Burger n’aura jamais la voix de Lou Reed, mais la sienne n’est pas mal du tout. Elle ressemble presque à celle d’Ivan Doroschuk (de Men Without Hats) avec une touche de Bashung. Elle est certainement plus sur les temps que celle de Lou Reed lors de la réunion du Velvet en 1993. Burger n’a pas le même « kick » que Reed est capable d’insuffler à une pièce, mais il fait tout de même un travail bien au-dessus de la moyenne : ces morceaux ne sont pas faciles à chanter (même s’ils le semblent…).

L’Alsacien de 54 ans réussit bien Stephanie Says puis Sunday Morning, notamment grâce à un traitement original et vaporeux au niveau des arrangements. Ici, sa voix s’approche de celle de Gainsbourg lorsque ce dernier récitait ses textes plus qu’il ne les chantait. All Tomorrow’s Parties est un piège. Peu la mènent à bien. Ici, les percussions sont brillantes, mais la voix, très grave, n’a jamais la magie de celle voilée de Nico. Le résultat est plutôt linéaire et manque de passion. Idem pour Sweet Jane, qui débute très tranquillement, misant sur les riches sonorités des guitares électriques. C’est encore une fois le timbre un peu terne de Rodolphe Burger qui empêche le tout de décoller comme ça devrait.

Pour Venus in Furs – un autre piège – Burger a tenté un contre-emploi étonnant en calmant le jeu et en offrant une version presque jazz, sans la fameuse partie de violon strident, ce qui a l’avantage de placer les paroles à l’avant-plan. Intéressant, pas entièrement convainquant, malgré les bruits métalliques ajoutés en arrière-plan, qui font de jolis grincements….

Il faut applaudir l’audace de Burger à interpréter des titres qui ne sont pratiquement jamais repris, comme The Gift. Parfaitement réussie, la voix monocorde y est on ne peut plus claire, alors que les deux guitares s’échangent de virulents solos, sur un rythme tribal. Pour finir, Sister Ray est aussi insupportable que l’originale, mais ne dure que 4 minutes au lieu de 16. Voilà déjà ça de gagné !

L’album, étrangement, se termine sur une magnifique chanson lugubre, en allemand, intitulée Das Lied Vom Einsamen Madchen, qui, il me semble bien, n’a rien à voir avec le Velvet. Très belle finale pour cet album inégal mais quand même bien supérieur à la plupart des reprises du Velvet Underground.

- Desc. : Rock bluesy sale/doux
- R.S.V.A. : Nick Cave & the Bad Seeds, Iggy Pop, Marcel Kanche

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