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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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The Next Day

BOWIE, DAVID

Sony

lundi 19 août 2013, par Nicolas Pelletier

(2.5/5) Chez les vétérans comme Bowie, McCartney ou les Stones, avoisinant tous les 70 ans d’âge et les 50 de carrière, on ne sait jamais quand ils s’arrêteront. Que ce soit par panne d’inspiration ou parce que la santé ne suivra plus, on sait par contre qu’ils ne sont pas éternels. Mais on a affaire à des passionnés qui pratiquent leur activité préférée, leur passion et qui savent qu’ils ont marqué l’histoire du rock. Ils continuent aussi peut-être parce qu’ils ne peuvent pas rien faire d’autre, ayant souvent quitté les études très jeunes.

On n’entend plus parler de Lou Reed (71 ans) depuis son disque avec Metallica et son concert très mal reçu de musique expérimentale avec John Zorn et son épouse Laurie Anderson au Festival International de Jazz de Montréal en 2010. Iggy Pop (66), lui, persiste et signe, tout comme Eric Burdon des Animals (72) qui enchaîne les concerts dont au Ottawa Blues Fest le mois dernier.

Bowie, 66 ans, lançait cet hiver un 26e album studio un peu à la surprise générale puisque l’Anglais n’avait rien publié depuis 2003 et pratiquement pas joué en concert non plus. À son 66e anniversaire en janvier dernier, il lançait un premier single (Where Are We Now ?), annonçant ce nouvel opus. Si ce disque n’est pas son meilleur, demeurant confortablement dans un rock assez formaté (Stars (Are Out Tonight)), on doit applaudir la superbe voix que Bowie a conservée et qui est encore capable de livrer la marchandise. Aucune marque de vieillissement de ce côté. Le rock que Gerry Leonard et Earl Slick (guitares), le réalisateur Tony Visconti et Gail Ann Dorsey (basse), Steve Elson (sax), Bowie lui-même (claviers) et Sterling Campbell (batterie) tapissent derrière la voix du maître est trop ordinaire pour être souligné. Est-ce à la demande de Bowie ou du réalisateur Visconti ? Étaient-ils impressionnés de jouer sur un album de la légende ? Quoiqu’ en soit, ce ne sont pas les Love Is Lost et autres Dancing Out in Space qui se retrouveront sur l’ultime compilation des meilleurs moments de Bowie.

Au moins la ballade Where Are We Now ? laisse vraiment toute la place à sa magnifique voix. Bien que sirupeuse avec une excroissance de claviers, cette chanson a le mérite d’attirer l’oreille ne serait-ce que pour savourer tout l’art de Bowie lorsqu’il se met vraiment en valeur. La finale, comportant un crescendo d’intensité, est moins kitch que le début. Boss Of Me est, à la limite, divertissante pour l’humour qu’elle contient : une légende se voit dominée par une jeune femme d’affaires.

Bowie nous a habitués durant toute sa carrière à devancer ou suivre les modes en lançant des albums audacieux à leur époque. « The Man Who Sold The World » était hard rock à la Led Zep en 1971, « Ziggy Stardust » le plus glam du glam en 1972, « Low » explorait les claviers en 1977, et même la période Thin Machine (plus ou moins intéressante, on en convient) trempait dans le grunge dès 1989. Plus récemment « Earthling » plongeait dans le drum and bass surexcité en 1997, faisant suite au sombre « 1. Outside » en pleine veine NIN en 1995. Les quatre dernier opus du Maître sont, au mieux, des recueils de chansons qui se laissent écouter, « Reality » (2003) restant le meilleur du lot.

Donc, un album loin d’être indispensable, qui ne plaira pas aux fans de longue date et n’en fera pas gagner de nouveaux. Au mieux, ça lui permettra de justifier une ixième tournée mondiale…

- Desc. : Pop, rock, alternatif
- R.S.V.A. : Iggy Pop, Bryan Ferry, PIL

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