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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Barragàn

BLONDE REDHEAD

Asawa Kuru LLC / Kobalt Music Group

samedi 21 février 2015, par Pascal Dumont-Julien

(4/5) Formé en 1993, le groupe Blonde Redhead doit son existence à une rencontre fortuite. Dans un restaurant italien de New York, l’étudiante en arts d’origine japonaise Kazu Makino fait la connaissance des jumeaux Amedeo et Simone Pace qui, pour la petite histoire, sont nés à Milan et ont grandi à Montréal avant de partir à Boston étudier la musique jazz.

Répartie sur 22 ans et 9 albums, la discographie de Blonde Redhead s’entremêle à l’évolution de la musique alternative du dernier quart de siècle. À travers les années, le groupe s’est graduellement forgé un son unique, des premiers efforts soutenus par Steve Shelley (Sonic Youth) et son label Smells Like Records, en passant par l’exploration Math/Emo/Post Rock sur Touch and Go Records avec Guy Pichiotto (Rites of Spring, Fugazi), jusqu’à la consécration appuyée par l’étiquette 4AD et le légendaire Alan Moulder (My Bloody Valentine, Nine Inch Nails).

C’est en septembre dernier que Blonde Redhead faisait paraître Barragán, album autoproduit, le groupe évoluant de façon indépendante depuis son départ de l’étiquette 4AD. En ouverture, un bruit de fond sourd, des oiseaux chantant au loin, du bois qui craque et puis un arpège de guitare acoustique et une douce mélodie de flûte donnent l’impression d’être assis sur le balcon d’une maison de campagne au début du printemps. Barragán contraste avec Penny Sparkle, son prédécesseur paru en 2010, oeuvre hivernale, dense et introspective dont la production, d’une précision chirurgicale, fut assurée par le duo scandinave Van Rivers & The Subliminal Kid (Fever Ray, Lykke Li). Sur Barragán au contraire, les contours sont flous et la composition est espacée. Guidé par le réalisateur Drew Brown (Radiohead), le groupe construit un environnement intime, organique et analogique. Les boîtes à rythmes sont troquées pour des percussions, le geste est parfois approximatif, la pureté des prises de son est préservée et on sent la proximité des voix de Pace et Makino. Le calme et la sérénité règnent. Pas de rage et si peu de tristesse mélancolique sur Barragán, disque qui se laisse découvrir tranquillement, même si des pièces comme Dripping et Mind to be Had plaisent instantanément.

L’envergure de Blonde Redhead se mesure par la finesse des émotions évoquées, le caractère unique des atmosphères et par la capacité du groupe à assimiler ses influences pour constamment se réinventer. En ce sens, Barragán est un autre excellent album composé par une formation aussi iconoclaste qu’à ses débuts il y a 22 ans. Peu de groupes issus de la période grunge peuvent en dire autant aujourd’hui.

- Desc. : Art Rock, Indie Rock
- R.S.V.A. : Deerhoof, Electrelane, Broadcast

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