[]

Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

Accueil du site > Musique > B > BLACK HEART PROCESSION, THE

Blood Bunny / Black Rabbit

BLACK HEART PROCESSION, THE

Temporary Residence

mercredi 22 décembre 2010, par Éric Dumais

(3/5) Un intrigant objet non volant et non identifié vient de faire son apparition sur la planète Terre : le dernier disque de la formation rock alternatif The Black Heart Procession, intitulé Blood Bunny / Black Rabbit. Attention : la couverture de l’album ne peut être épargnée elle non plus : en effet, que dire de cette teinte rose, si vive qu’elle en donne le tournis, et de ces ombrages inquiétants, dont les contours rappellent étrangement des… lapins grotesques. Brrr !

Le collectif The Black Heart Procession vient de franchir un autre cap dans sa longue carrière musicale, puisque Blood Bunny / Black Rabbit marque une distanciation très importante depuis la sortie du dernier opus, Six (2009). Alors que l’un était beaucoup plus accompli, plus travaillé et plus « je-te-facilite-l’écoute », le second s’avère être un tour de piste légèrement plus sinueux. L’expérimentation semble avoir été le fil conducteur lors de la phase créative, et c’est justement cette intention de liberté totale que nous ressentons à l’écoute de cet album. L’orchestration est certes toujours aussi bien développée, car les Black Heart Procession, originaires de San Diego, ont toujours eu la délicate attention de faire appel à d’autres compositeurs pour soigner et parfaire leurs mélodies, et ce détail minime mais essentiel fait encore toute la différence.

La pièce inaugurale Blank Page rentre bien au poste, avec une longue introduction rock inquiétante bien ficelée, et une rythmique rappelant, tel un écho, la plupart des chansons figurant sur Six. La seconde, The Orchid, présente une partition pour le moins menaçante, qui nous rappelle sans cesse l’affolante couverture de l’album, dont il est pratiquement impossible d’enrayer de notre imagerie mentale. L’écoute du disque se poursuit et, plutôt que d’égayer nos tympans de sons énergisants et vivifiants, l’atmosphère générale ne fait que sombrer dans la noirceur la plus totale : voix murmurées, bruits métalliques acérés, fritures de toutes sortes, grincements qui font grimacer comme des ongles sur un tableau, rien n’est rassurant, finalement. Sauf l’exquise Devotion, qui semble être sortie tout droit du répertoire de Nick Cave & The Bad Seeds. Un délice pour les oreilles. Pour la suite, le groupe américain a fait appel à de grands artistes et à des pionniers, notamment Mr. Tube, Lee « Scratch » Perry, Eluvium et Jamuel Saxon.

En somme, The Black Heart Procession signe ici un album légèrement effrayant (pensons au miaulements diaboliques tirés de la pièce Freeze) mais d’une grande richesse. Un « must » !

- Desc. : Rock alternatif expérimental
- R.S.V.A. : Three Mile Pilot, Piano Magic, Pinback

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0