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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Biophilia

BJÖRK

Nonesuch

mercredi 9 novembre 2011, par Thomas Jennequin

(4/5) Il est des artistes qui vous changent la vie, vous bouleversent, vous ouvrent des de nouvelles perspectives et ne vous déçoivent jamais. En ce qui me concerne, Björk fait partie de ce cercle restreint avec les Miles Davis, John Coltrane, Doors, Bach et autres Radiohead. Aussi la sortie de nouvelles pièces de cette artiste exceptionnelle constitue pour moi un événement particulier, presque idyllique.

Huitième album de Björk, Biophilia s’inscrit dans la continuité d’un Volta, qui rendait hommage à l’Humain, en célébrant cette fois-ci la nature et l’univers. Il s’agit là d’un album assez minimaliste, pas forcément facile d’accès dès la première écoute mais qui devrait satisfaire l’auditeur pour peu qu’il sache prendre le temps de l’apprécier. Une fois de plus Björk prend des risques en s’aventurant sur des terrains peu fréquentés. Pour réaliser ce projet elle n’a pas hésité à créer, avec l’aide d’ingénieurs, de nouveaux instruments tels que les harpes gravitationnelles vibrant au rythme de la terre, le Gameleste, hybride du Gamelan javanais et du Celeste, ou encore le Sharpsicord, ‘mélange’ d’une boite à musique et d’une harpe.

‘Moon’ ouvre ce long jeu en douceur avec une musique répétitive composée avec les harpes pendulaires pour accompagner la voix de Björk. Sur ‘Thunderbolt’ le son d’une décharge électrique créé dans une bobine Tesla forme la ligne de basse du morceau qui ajoutée au chant presque anxieux de Björk permet de créer une ambiance électrisante. ‘Crystalline’ et ses percussions répétitives vous feront sans doute penser à l’album Vespertine jusqu’à ce qu’une explosion de rythmes drum and bass façon Venetian Snares achèvent cette toune. La pièce ‘Cosmogony’ est sans doute la plus accessible de ce long jeu, la voix de Björk y est omniprésente et se rapproche cette fois un peu plus d’un Homogenic. Naturellement tout n’est pas parfait dans Biophilia et les pièces ‘Hollow’ et ‘Dark Matter’ passeront sans doute inaperçues. ‘Mutual Core’ vient achever l’album de la plus belle des manières et Björk nous y montre, peut-être pour la première fois de ce long jeu, toutes ses qualités vocales. En faisant l’acquisition de Biophilia vous aurez également l’occasion d’entendre trois pièces supplémentaires notamment ‘Náttúra’ où vous pourrez apprécier la voix hantée de Thom Yorke accompagner celle de Björk.

Si Biophilia n’est probablement pas le meilleur long jeu de Björk, il est tout de même d’excellente qualité. De plus, la créativité et l’inventivité dont elle a fait preuve dans la conception de cette œuvre sont d’autant plus admirables à une époque où la facilité et la production musicale commerciale prennent trop souvent le dessus sur le côté artistique.

- Desc : Pop, électro-pop
- R.S.V.A . : Brisa Roché, Sigur Ros, Emiliana Torrini

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