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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Until in Excess Imperceptible UFO

BESNARD LAKES

Jagjaguwar/Outside

lundi 2 septembre 2013, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) Les Besnard Lakes, menés par le couple Jace Lasek (guitare, chant) et Olga Goreas (basse, chant) sont un des beaux fleurons montréalais. Ils se sont installés il y a plusieurs années dans la Métropole, y fondant le studio Breaking Glass (dans le quartier Villeray). Lasek a réalisé plusieurs albums québécois (comme Wolf Parade, the Dears, Stars) et travaillé sur le projet multimédia de l’Office National du Film, « Welcome to Pine Point ».

Les Besnard nous ont habitués à un rock dans lequel les guitares dominent, un rock assez teinté d’un héritage 70s tout en étant bien moderne. Leur second opus, « The Besnard Lakes Are the Dark Horse » (2007) se vaudra quelques accolades bien senties de la part des fans d’indie rock original, publié dans la vague des premiers de Plants & Animals et Karkwa, cousins par alliance. Celui-là et le suivant, « The Besnard Lakes Are the Roaring Night » (2010) se retrouvent en nomination au prix Polaris qui récompense le meilleur album canadien, basé sur des valeurs artistiques – comme le Mercury Prize le fait pour les musiciens Anglais.

Leur 4e opus, étrangement intitulé « Until in Excess Imperceptible UFO » est d’une tout autre ambiance. Beaucoup plus vaporeuses, des pièces comme 46 Satires ou And Her Eyes Were Painted Gold - les deux premières du disque nous emmènent dans un trip plus nébuleux, plus planant. C’est ici l’influence de Pink Floyd, et même Sigur Rós jusqu’à un certain point, qui l’emporte sur celles plus rock qui teintaient la musique des Lakes sur leurs deux premiers albums. Oui, il y a encore des beaux élans de guitares électriques, mais Lasek et Goreas mettent l’accent sur les phrasés plus étirés, jouent avec les textures, plutôt que les riffs. Au niveau du chant, c’est carrément dans un monde acidulé que nous transporte Lasek : il allonge chaque syllabe comme si leur musique devait sonner « dans le jello », « dans les vaps » ou « dans les nuages » (choisissez votre élément préféré).

Le point fort de l’album arrive au 3e morceau (c’est souvent le cas, vous remarquerez), People of the Sticks, qui débute avec un océan de guitares entremêlées avant que le rock plus rythmé ne démarre pour faire doucement, mais fermement décoller l’ambiance. Le doux chant de mademoiselle Olga rappelle alors l’œuvre des Blonde Redhead. Un rock qui transporte dans la stratosphère. Les guitares y sont magnifiques, un vrai petit bijou de rock d’orfèvre. Dommage que le chant d’Olga ne soit pas toujours assuré, ni toujours très juste en concert, puisque les Besnard Lakes pourraient monter leur jeu d’un bon cran s’ils pouvaient compter sur deux chanteurs de la qualité de Lasek. Celui-là est un soliste accompli, qui ose s’aventurer dans les notes aigües et longues, ce qui n’est pas possible pour tout le monde.

Il y a quelques longueurs dans ce disque, mais en général, on a ici un solide album de rock shoegaze, assez calme, assez vaporeux. Parfait pour les jours de pluie ou les soirées à rester écrasés dans un sofa à simplement écouter de la musique.

- Desc. : Shoegaze indie rock vaporeux
- R.S.V.A. : Low, Black Mountain, Sigur Ros

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