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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Different Gear, Still Speeding

BEADY EYE

Dangerbird

samedi 1er octobre 2011, par Alexandre Fontaine-Rousseau

(2/5) Qu’est-ce qu’on aimait chez Oasis ? Les mélodies pop de calibre olympique ? L’ancrage obsessionnel à une certaine tradition rock britannique ? Non. Ce qu’on appréciait des frères Gallagher, c’était ce narcissisme autodestructeur auquel carburait leur désir de « vivre à tout jamais », cette énergie du désespoir avec laquelle ils avaient prévu (et non rêvé) de devenir des vedettes, les rois et maîtres du rock de leur génération. Definitely Maybe était l’album d’une vie, la leur et celle de tous les petits brigands qui croient qu’en piquant quelques mélodies aux Beatles et son arrogance calculée à Mick Jagger ils pourront devenir riches et célèbres.

Une fois ce plan concrétisé, tous ce que pouvaient faire les Gallagher c’est s’accrocher un peu désespérément à leur trône. C’est ce qu’ils ont réussi à faire avec (What’s The Story) Morning Glory, en haussant le coefficient de ballades épiques pour satisfaire ces stades remplis à pleine capacité qui voulaient hurler en choeur des trucs comme Don’t Look Back in Anger et Wonderwall. Mais à la sortie de Be Here Now, en 1997, l’inévitable s’était produit : les jeunes loups affamés étaient devenus de vieux lions rassasiés et Oasis, par le fait même, avait perdu sa raison d’être.

Les parutions subséquentes du groupe ont toutes été des tentatives plus ou moins crédibles de légitimer aux yeux du monde entier leur monarchie désuète. Il s’agit d’un objectif franchement moins excitant et, au fil des albums, c’est même devenu légèrement triste comme spectacle. Beady Eye, le projet de Liam sans Noel, n’est pas dépourvu d’une certaine énergie primaire : le morceau d’ouverture de ce premier long-jeu, Four Letter Word, nous prouve que Liam veut que chacun sache qu’il peut faire de la musique sans l’aide de son frère.

Mais, vraiment, ça ne fonctionne jamais plus qu’à moitié et, au bout du compte, il faut aimer son Oasis plus qu’un peu pour en vouloir encore et toujours plus en 2011. Le plus beau compliment que l’on puisse formuler à propos de Different Gear, Still Speeding, c’est que ce n’est pas un album « catastrophique ». Loin de là. Mais il y a tout de même une pièce intitulée Beatles and Stones et, vraiment, personne n’avait besoin de l’entendre pour savoir qu’un frère Gallagher aime manifestement trop John Lennon et Keith Richards.

- Desc. : Britpop circa 1995, certifié NME
- R.S.V.A. : Oasis, Oasis, Oasis

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