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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Gloss Drop

BATTLES

Warp

mercredi 17 août 2011, par Alexandre Fontaine-Rousseau

(2.5 / 5) Le moins que l’on puisse dire, c’est que les amateurs de math-rock et de musique « technique » attendaient avec impatience une suite au Mirrored de 2008. Mais, depuis l’étonnant succès de cet album hybride, le groupe Battles a passablement changé, puisque son chanteur Tyondai Braxton, fils du légendaire Anthony, a quitté les rangs de la formation. Battles est donc devenu un « groupe de musiciens », un jam band laissant libre cours à ses penchants progressifs — dépourvu d’un directeur musical, capable de structurer les élucubrations virtuoses du groupe. Il n’y a pas, sur Gloss Drop, de morceau dans la veine d’Atlas : une pièce qui allait vers quelque chose, accrochant l’auditeur et lui donnant des indices pour déchiffrer les morceaux plus éclatés de Mirrored.

Malgré le perpétuel mouvement, Gloss Drop est un album qui cultive l’inertie. Les rythmes complexes s’enchaînent l’un à la suite de l’autre tandis que les motifs mélodiques simples s’entremêlent frénétiquement, mais cette démonstration « musclée » ne décolle jamais. Les pièces se contentent de « brasser » un moment, puis se terminent sans vraiment culminer. Il y a bien, ici et là, des étincelles d’inspiration. Mais, dans l’ensemble, rien ne se détache vraiment du lot. Rarement une telle monotonie nous aura semblé aussi forcée, aussi ambitieuse… aussi épuisante.

Quant aux chanteurs invités, ils n’arrivent jamais à s’intégrer à cette unité musicale tissée serrée comme pouvait le faire Braxton. Leur présence nous rappelle donc l’absence d’une véritable voix. Gary Numan fait une apparition complètement déconnectée sur My Machines, et Yamantaka Eye des Boredoms vient décorer Sundome de quelques ululements… Mais jamais ces apparitions ne donnent l’impression d’une authentique collaboration.

Gloss Drop, malgré quelques bons moments tels qu’Africastle et Futura, s’avère donc dans l’ensemble hermétique et informe : un exercice de style à l’esthétique bigarrée, hyperactif mais dépourvu de cette énergie fulgurante qui avait fait de Mirrored une réussite unique.

- Desc. : Math-rock progressif
- R.S.V.A. : Hella, Deerhoof, Don Caballero

* En concert le 3 octobre 2011, au National.

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