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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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La Sauvagerie des Heures

BATEAU NOIR

Indépendant

vendredi 2 avril 2010, par Éric Dumais

(4/5) Bateau Noir est une formation post-punk instrumentale composée d’anciens membres des Hot Springs, mais aussi de Bivouaq, Jacquemort et Le Nom. Le quintette montréalais, après avoir brisé la glace en compagnie de Clues et Malajube au Métropolis en décembre dernier, est enfin prêt pour lancer son premier maxi, intitulé La Sauvagerie des Heures.

À son bord, on retrouve un équipage de longue date, soit Rémy-Nadeau Aubin (guitare, clavier), Pascal (DJ, guitare, clavier) et Jean-François Mineau (batterie), sans oublier Julien Michalak (guitare, clavier) et Frédéric Sauvé (basse), qui ont complété la formation seulement l’année dernière. Sur ce maxi, Bateau Noir explore une musique instrumentale concrète, qui ne traîne jamais en longueur. Au contraire, les chansons sont courtes, comme une envolée, et l’on a même pas le temps d’être dans l’expectative qu’une autre pièce enchaîne immédiatement. À première vue, le style général et l’intensité des mélodies post-punk de La Sauvagerie des Heures rappellent de près l’album Patriot de la formation américaine Cougar en peut-être plus vif, plus tranchant, plus trépidant.

Menace, la pièce inaugurale, instaure rapidement l’ambiance générale de La Sauvagerie des Heures, c’est-à-dire un ton obscur, menaçant et légèrement dramatique. Alors qu’on commençait tout juste à s’habituer à la mélodie, Morts avant L’heure, la suite logique de la première, commence à notre insu. Cette fois-ci, les riffs de guitare sont plus incisifs et plus mordants. On se sent sur la corde raide, comme si nous allions tomber du haut d’une falaise. Et ce n’est pas qu’une impression, car Serpents et Échelles, la meilleure pièce du maxi, apporte elle aussi son lot de sensations extrêmes. Forte en imageries de toutes sortes, elle nous transporte très rapidement sur un bateau voguant en pleine tempête, où la violence du vent et de la pluie et le mouvement des vagues nous fait regretter notre chez-soi. C’est en raison de l’intensité des jeux de guitares que nous avons sans cesse l’impression de partir, de quitter notre monde pour un univers sombre, chaotique et rocambolesque. Bateau Noir n’est certes pas un nom pris au hasard, car à l’écoute de La Sauvagerie des Heures, nous avons réellement l’impression de voguer sur une mer déchaînée, poussé au hasard du mouvement des vagues. Si vous n’avez pas le mal de mer, prenez place pour une courte traversée.

- Desc. : Post-tock
- R.S.V.A. : Mogwai, Ativin, Pawa Up First

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