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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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An introduction to Syd Barrett

BARRETT, SYD

EMI

lundi 28 février 2011, par Nicolas Pelletier

(3/5) Cet album retrace la trop brève carrière musicale du légendaire co-fondateur d’un des plus grands groupes de l’Histoire du Rock, Pink Floyd. Avec cette collection de 18 titres écrits par Barrett au tout début de Floyd, puis en solo, on nous donne un bel aperçu du compositeur talentueux qu’était le musicien Anglais, né à Cambridge en 1946. Le fan renouera avec Syd avec plaisir alors que le néophyte pourra se familiariser avec le répertoire de Barrett sans difficulté : on y trouve autant du génie que des bizarreries sur ces chansons originalement parues entre 1966 et 1972.

Qui sait ce que serait devenu Pink Floyd si Barrett n’était pas devenu dysfonctionnel vu ses abus de drogue (on spécule…), combinés à un état mental pour le moins imprévisible. Comme on le sait, le musicien s’est fait évincé du groupe dès 1968 parce qu’il n’arrivait plus à suivre. On raconte qu’il pouvait bloquer tout un concert sur un seul accord, ou ne pas jouer du tout… Il est ensuite retourné vivre chez sa mère, loin des feux de la rampe. Reclus pendant plus de 30 ans, il décède en 2006. L’aura de mystère lui confèrera une place dans la Légende. (On recommande la lecture du roman « Juliet, Naked » de Nick Hornby, aux fans de biographies de héros du rock, soit dit en passant).

Comme on le sait tous, Pink Floyd n’a pas eu de mal à poursuivre son chemin avec les forces créatives en place. Roger Waters et David Gilmour allaient mener la création de chef d’œuvres comme Dark Side of the Moon (1973) et The Wall (1979). Le fantôme de Barrett et les thèmes récurrents de folie, maladie mentale et paranoïa allaient pointer de façon régulière tout au long de leur cheminement. Les chansons Wish You Were Here et Shine on You Crazy Diamond lui sont d’ailleurs directement adressées. Qui sait quelle route aurait pris Pink Floyd si Barrett était demeuré à bord plus longtemps pour participer davantage à la création artistique du groupe… Des morceaux comme Arnold Lane et See Emily Play sont typiques de la plume de Barrett et sont d’un univers complètement différent de Money ou Another Brick in the Wall, par exemple. Les facettes « dandy Anglais » (Love You) et pop psychédélique (Chapter 24) de Barrett ont été complètement évacuées de l’esprit du groupe suite à son éviction. C’est plutôt un certain David Jones, sous le nom de Bowie, qui reprendra ces touches avec grand succès au début de sa carrière.

Ce que nous souligne cet album de façon assez évidente est la différence de style de composition qu’avait Barrett comparé à Waters et Gilmour. Ses mélodies sont souvent très « lousses » par rapport à la rythmique (If It’s In You, qu’il recommence deux fois avant de réussir), ce qui résulte souvent en chansons plus ou moins bordéliques. Pas étonnant que les quatre autres gars, musiciens haut de gamme, se soient tannés. Nick Mason, le batteur, devait avoir un mal fou à suivre la « structure » des chansons de Barrett. Il reste que Barrett a écrit de véritables petits bijoux mélodiques, comme Octopus, encore passionnants à écouter 40 ans après leur création.

- Desc. : Psyche pop/folk
- R.S.V.A. : Nick Drake, David Bowie, King Crimson

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