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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Mala

BANHART, DEVENDRA

Indian Summer

lundi 29 avril 2013, par Nicolas Pelletier

(4/5) Véritable figure de proue du courant indie folk rock fait maison, l’Américain Devendra Banhart lance des albums conceptuels depuis le début des années 2000. Suivi par une horde de fans, il lance ces jours-ci « Mala », un recueil de chansons un peu plus ramassé que ses oeuvres précédentes, souvent assez hétéroclites. Il aime les mélodies molles et accrocheuses, Banhart met l’accent plus que jamais sur sa grande capacité à varier les styles et émotions.

Ainsi Mi Negrita est un parfait pastiche des chansons d’amour des îles. Plus proche d’Henri Salvador que de Xavier Rudd, mettons. On se surprend à valser gentiment des hanches sur ce rythme exotique en milieu d’album. La pièce suivante, Your Fine Petting Duck, nous ramène quant à elle dans un style rétro plus proche des Ronettes que des Mountain Goats, mettons. Le chœur féminin qui fausse allègrement fait sourire à la première écoute, alors que le chant flegmatique de Banhart rappelle celui de Lou Reed dans ses moments calmes avec le Velvet.

Il revient à ses premières amours sur la courte instrumentale The Ballad of Keenan Milton, une pièce essentiellement jouée à la guitare classique et volontairement enregistrée dans des conditions artisanales. Le son est mat comme à l’époque où l’on travaillait avec des cassettes à ruban et micro bas de gamme. A Gain est plus expérimentale, alors qu’il récite une série d’événements sentimentaux négatifs qui vont lui arriver, du point de vue d’un enfant trop lucide. L’influence de Roger Waters, Tom Waits et des Residents se mélange dans le même morceau. Sur Won’t You Come Over, Banhart chante un peu comme un (jeune) crooner alors que la musique naïve semble jouée sur des claviers Casio des années 80 et moult petits jouets (xylo, maracas, etc.). Une belle richesse sonore.

Né au Texas en 1981, il quitte très jeune Houston pour être élevé par sa mère au Vénézuéla. Il habitera également en Californie à l’adolescence jusqu’à ce qu’il quitte le San Francisco Art Institute en 1998 pour jouer de la musique en Europe et à L.A. Débrouillard et talentueux, il réussit à faire la première partie de Sonic Youth à Paris en 2000, se faisant remarquer par le label Young God qui produit ensuite quelques albums et EP à facture lo-fi. Enregistré à New York en 2005, le disque « Crippled Crow » (maintenant sur étiquette XL) jouit d’arrangements plus variés. Les collaborations avec des artistes aussi variés qu’Antony and the Johnsons (sur le très beau « I am a bird now »), Boy George, Vetiver, Gilberto Gil, The Strokes, Beck et Little Joy. Il remixera des chansons de Phoenix et Oasis. Banhart est également un artiste en arts visuels.

- Desc. : Folky-pop alternatif
- R.S.V.A. : Danielson, Beck, Akron/Family

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