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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Parallax

ATLAS SOUND

4AD

lundi 28 novembre 2011, par Vanessa Hauguel

(4.5/5) Avant de crier au génie, une mise en contexte s’impose. Bradford James Cox, membre (essentiel) de Deerhunter, chanteur principal et guitariste, est également membre solo d’Atlas Sound, groupes qui tous deux ont maintes fois démontré leur flair. Atlas Sound, est d’ailleurs le nom qu’il aurait donné à sa musique lorsqu’il était enfant, déjà une aura de visionnaire. Parallax, dernier album de l’enfant prodige, recèle de chansons fragiles, désarmantes, vulnérables, personnelles, et qui résonnent longtemps.

Sa musicalité retrouvée sur l’ancien, Let The Blind Lead et les influences Krautrock de Deerhunter, tournoient toujours autour, cependant Parallax offre un lyrisme à la signature distincte et un son d’autant plus mythique.

Ses connaissances musicales sont vastes, (en véritable atlas de musique qu’il est) et mêlées à son univers introspectif ainsi qu’à sa voix, dérivant plus d’un écho que d’une voix, il en résulte quelques mélodies uniques et vibrantes de véracité. Parallax est un univers en soi. Éthérée et vaporeuse, la musique térébrante et planante de Cox enveloppe son auditeur, tantôt dans une ouate rassurante, tantôt dans une brume épaisse et un brouillard intriguant.

Textures foisonnantes et textes aux structures amorphes, ses mélodies à la fois limpides, légères et larmoyantes, avec un je-ne-sais-quoi évoquant David Bowie, font briller le talent surréaliste de Cox. Explorant diverses avenues, comme le jangle-pop, Atlas demeure sur une voie bien discernable. Si à la première écoute, les chemins empruntés par Cox n’apparaissent pas toujours accessibles, son atmosphère y gagne à se dévoiler lentement, apparaissant au fil de l’écoute plus troublée et tout à fait maîtrisée.

Sa finesse, ses arrangements subtiles et sa voix distincte ne font qu’ajouter à son ambiance ; torpeur dans laquelle on aime s’enliser tranquillement. Nous murmurant quelques aveux ici et là, il joue de sa vulnérabilité et de son assurance personnelle en modulant sa voix, parfois plus sensuelle, comme sur « Te Amo », mais toujours lointaine. À la fois pilote et passager de son véhicule spatial qu’est Parallax, il nous laisse graviter en orbite autour de ses songes un peu excentriques. À l’image d’un funambule, il atteint un parfait équilibre au dessus du vide. Adeptes de réverbérations un peu psychédéliques, de Sparkle Horse, Broadcast et Deerhunter, vous tomberez sous le charme.

Il y en a qui pourraient sentir une certaine froideur, et trouver sa dérive trop extatique, manquant de rythmes même sur certaines chansons, mais d’autres y verront là toute l’ambition et le génie de Cox.

- Desc. : Dreamy pop psyché et atmosphérique
- R.S.V.A. : The Music Tapes, Deerhunter, Broadcast

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