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Mature Themes

ARIEL PINK’S HAUNTED GRAFFITI

4AD

mercredi 21 novembre 2012, par François Crevier

(3.5/5) La musique, en tant que produit de l’imagination humaine, a la possibilité de se renouveler à l’infini. Nous en avons une belle preuve ici avec le dernier effort d’Ariel Pink’s Haunted Graffiti intitulé « Mature Themes ». En effet, voilà un album très riche à qui on ne pourra pas reprocher son manque d’imagination et d’originalité car il en déborde littéralement ! Il en résulte un cocktail compliqué qui, il faut l’avouer, est un peu déroutant aux premiers abords mais qui au fil des diverses écoutes s’avèrera plutôt décroûtant ! On y secoue les puces de ce vieux clébard d’indie rock et somme toute cela fait du bien. Vivement le brassage des paradigmes musicaux et au diable les recettes et les clichés !

Essayer de décrire ce disque demeure en revanche un exercice périlleux. Puisqu’il le faut : disons que ce petit bout d’art post-moderne broute à tous les râteliers, à commencer par celui des ancêtres : Joy Division, The Cure, Frank Zappa, R. Stevie Moore, etc.

Beaucoup moins convaincant dans l’ensemble que le très délicieux « Before Today » paru en 2010, il n’est pourtant pas dénué de qualités et, surprise !, d’une touche humoristique. Pour ceux qui aiment, c’est parfait. Pour les autres, eh bien il faudra prendre son mal en patience, car celui-ci revient par intermittence tout au long de l’album. En cela, il se situe dans une veine « zappaesque » de perpétuelle « déconade ». C’est tout à fait évident sur « Schnitzel Boogie » ou même sur « Kinski Assassin » ou l’utilisation d’une voix un peu hors-cible et exagérée amène une bonne dose d’absurde qui montre qu’Ariel Pink ne se prend pas du tout au sérieux.

Sur les treize pièces qui composent ce prisme, peu d’entre elles séduisent du premier coup mais toutes ont un petit quelque chose qui grandit en vous à chaque écoute. En somme, voilà un bon disque pour les explorateurs patients.

Pour la playlist, nous recommandons particulièrement « Only in Dreams » pour son petit côté folk éthérée rétro à la « Belle and Sebastian » et « Symphony of the Nymph » pour l’aspect purement jovial d’une nympho à la discothèque.

- Desc. : Rock polymorphe créatif
- R.S.V.A. : The Magnetic Fields, Animal Collective, Grizzly Bear

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