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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

Music In The Nine Rings

ARICA

Poodle

lundi 27 janvier 2014, par Frédérick Galbrun

(4/5) Actuellement, l’industrie du disque est caractérisée par ce phénomène d’apparition de micro-labels et par la résurgence et la réimpression de vinyles obscurs. On rend à nouveau accessible des nouvelles versions d’albums parus en édition limitée ou privée. Plusieurs de ces albums avaient déjà refait surface grâce aux nombreux blogs spécialisés il y a quelques années. Peut-être est-ce dû à la fermeture de Megaupload, mais dans la foulée du désir, ce poursuit un prolongement du cheminement logique jusqu’à leur réactualisation matérielle. On n’aurait pu prédire une telle tournure des choses il y a dix ans, alors qu’on pensait que leur libre accès via le web rendrait obsolète la nécessité de reproduire ces artefacts. Mais non, quelque chose résiste à la logique et ce, pour notre plus grand plaisir de collectionneur. Sorti à la fin de 2012 et découvert au cour de l’année qui vient de se terminer, l’obscur label Poodle nous offre la réédition d’un album tout aussi méconnu qu’eux, mais qui recèle une histoire incroyable.

L’institut Arica a été fondé en 1968 au Chili, par Oscar Ichazo, il s’agissait d’une école de croissance personnelle prônant le développement spirituel de l’homme. Ce centre a accueilli en son sein de nombreuses figures de proue du mouvement New-Age ou de la lignée Esalen, en particulier Claudio Naranjo et surtout Alejandro Jodorowsky. On avance même que ce dernier a obligé les acteurs du film Holy Mountain à suivre une formation à Arica, préalablement au tournage. Depuis 1971, l’institut est localisé également aux États-Unis. Le fondateur d’Arica, Oscar Ichazo, se veut lui-même un personnage fort intéressant. Cité par William Patrick Patterson dans un livre intitulé « Taking With The Left Hand », l’auteur reproche à Ichazo d’avoir emprunté sa théorie et son enseignement aux écrits de G.I. Gurdjieff sans jamais en faire mention. Ichazo nie une quelconque filiation à se grand mystique du 20e siècle, préférant s’approprier la paternité de certains concepts. Mais une lecture des entrevues données par Ichazo et l’historique derrière la fondation d’Arica rappelle étrangement l’histoire personnelle de Gurdjieff. Par ailleurs, Arica a été derrière toute cette mouvance liée à l’ennéagramme comme outil de développement et de connaissance de soi. Ce symbole à neuf branches, introduit en occident par Gurdjieff, a été popularisé aux États-Unis par Claudio Naranjo (et Kathleen Riordan Speeth) suite à son éviction du centre Arica.

Le fait qui nous intéresse le plus ici demeure l’engagement de certains membres du centre Arica dans des activités artistiques et plus particulièrement la musique. Ces musiciens anonymes ont fait paraître quelques albums dans les années 70, qui se voulaient des outils de méditation ou des adjuvants à la transformation de soi. Sans avoir d’informations à ce sujet, on peut supposer que « Music In The Nine Rings » se veut un exercice dans cette optique et pour ce faire impose une écoute réflexive et introspective. Enregistré en 1972, cet album est dominé principalement par un bourdon analogique et un jeu de piano très minimal ; les notes feutrées et les percussions clairsemées sont enrobées d’effets sonores leur procurant une qualité éthérique. À mi-chemin de la première face du disque, des percussions se font entendre, venant briser le doux sommeil induit par l’écoute. Ces « Nine Rings » font probablement référence aux neuf points de l’ennéagramme de Gurdjieff et musicalement semblent se décliner comme neuf tonalités de bourdons, passant de grave à aigu et se terminant par un retour au grave, soit une boucle complète. On peut ressortir de cette expérience auditive avec une impression de passage, de mise à nu, mais encore faut-il être disposé (ou initié) à recevoir l’enseignement contenu dans cet enregsitrement.

- Desc : New-Age méditatif
- R.S.V.A. : The Caretaker, Laraaji, Brian Eno

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