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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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The Idler Wheel is Wiser Than the Driver of the Screw and Whipping Cords Will Serve You More Than Ropes Will Ever Do

APPLE, FIONA

Epic

lundi 3 septembre 2012, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) Retour fort attendu de la verbomotrice auteure-compositrice-interprète américaine qui a connu son lot de malchance et d’embûches professionnelles au cours de sa carrière. La New-yorkaise de 34 ans a débuté sa vie publique sur des chapeaux de roues, avant de connaître un long creux de vague.

Le conte de fées a débuté à l’âge de 17 ans. Elle refile une cassette démo contenant trois chansons à une amie qui se trouve à être la gardienne des enfants d’une publiciste qui la remet à un haut dirigeant chez Sony, Andy Slater, qui, charmé par cette voix unique de contralto et son jeu percussif et original de piano, lui offre un contrat ! En 1996, à 19 ans, alors que son album « Tidal » connaît un succès immédiat, se vendant à 2,7 millions d’exemplaires. Deux ans plus tard, le Grammy de la Meilleure performance rock féminine lui est décerné pour « Criminal », dont le clip avait à l’époque choqué puisqu’elle s’y déshabillait. « Tant qu’à me faire exploiter, je préfère m’exploiter moi-même », lance-t-elle. Du caractère !

Elle ne se fait pas d’amis dans l’industrie lorsqu’en recevant un prix en 1997, Fiona Apple déclare que « This world is bullshit… ». Elle ne s’excusera pas. Son album suivant « When the Pawn… » bat le record Guinness du plus long titre pour un disque : c’est un poème complet ! Lors d’un spectacle à New York, elle craque. Après seulement 40 minutes de performance, visiblement troublée et pleurant, elle sort de scène pour ne plus revenir. Elle prendra une longue pause avant d’écrire les chansons de son troisième album, Extraordinary Machine dont les pièces se retrouveront sur Internet avant l’heure (leak) avant d’être réenregistrées presque entièrement. Encore une fois, avec « The Idler Wheel… », moult spéculations et attentes élevées ont circulé avant la publication de ce quatrième CD. Apple a même attendu que sa compagnie de disque se trouve un nouveau président, retardant encore son dévoilement !

Le nouvel album d’Apple nous arrive donc enfin ! Il laisse toute la place au fort caractère et aux nombreux mots de l’artiste de 34 ans. Dès les premières chansons, on est confronté à des pièces plutôt minimalistes au niveau instrumental, mais bien remplies au niveau vocal : sur Every Single Night et Daredevil, les paroles défilent sans trop de refrains. Ce n’est qu’avec Valentine qu’on a une chanson plus classique dans le sens pop du terme. Apple y plaque quelques accords et y chante plus doucement - relativement parlant, on a affaire à une femme de caractère, même en amour ! - avant de passer à Jonathan, un morceau basé sur le piano et l’échevelé jeu de batterie de son complice multi-instrumentiste Charley Drayton, complètement allumé sur cette pièce ! Ça repart de plus belle avec Left Alone qui débute justement sur un solo de Drayton avant que la belle ne remorde dans ses fougueux vers, véritable feu roulant de fureur. Quand elle répète, la voix tremblotante « How can I ask anybody to love me ? Now, all I do is beg to be loved », on sent la fissure, on sent la femme blessée dont la musique est probablement une thérapie personnelle, un moyen de faire sortir le méchant. Plus loin, sur Regret, sa voix déraille tellement elle crie ! Elle est aussi capable de subtilité, comme sur la pièce qui clôt l’album, Hot Knife, sur laquelle elle superpose d’innombrables pistes de sa propre voix, soutenue par un « floor » en sourdine.

Fiona Apple me fait penser à Ani DiFranco, Tori Amos (particulièrement sur Werewolf) et ces rares chanteuses dont on sent la poigne solide, masquant une sensibilité à fleur de peau. Une vraie, quoi !

- Desc. : Pop
- R.S.V.A. : Tori Amos, Ani DiFranco, Elvis Costello

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