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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Love

AMEN DUNES

Sacred Bones

lundi 21 juillet 2014, par Frédérick Galbrun

(4.5/5) Depuis que Damon McMahon a émergé comme un ovni dans le ciel de la scène musicale new-yorkaise, il s’est lentement positionné comme un artiste méritant toute notre attention. Son premier album, paru sur Locust, était une offrande folk à la voix saturée d’effets recelant une étrangeté particulière. Déjà les mélodies de « DIA » possédaient un aspect accrocheur, voir même enjôleur, grâce à ces syllabes allongées, triturées de délais. Dans le même registre « Donkey Jaw » paru sur Sacred Bones en 2012 déployait une maîtrise plus assumée de la chanson et de la composition.

Voilà que « Love » n’échappe à cette logique et se veut probablement l’œuvre la plus aboutie d’Amen Dunes en tant qu’auteur-compositeur. Des textes intéressants, un chant poignant et des arrangements judicieux font de ce disque un bijou. Et même si les effets sont légèrement moins présents sur la voix, une couche d’étrangeté continue de planer sur l’ensemble de l’album. Musicalement, on baigne sans contredit dans une esthétique propre aux années soixante, dans une pop psychédélique qui rappelle la côte ouest et l’océan.

Contrairement à ses habitudes de travail en solitaire reclus, McMahon s’est entouré pour « Love » de différents musiciens et a travaillé d’une manière plus pointilleuse la captation sonore. D’ailleurs, le gros de l’album a été enregistré au studio Pines à Montréal, avec Dave Bryant, membre de Godspeed You Black Emperor. Ce dernier a également joué de la guitare sur le disque. Un autre invité de marque est Colin Stetson au saxophone sur le premier titre de l’album « White Child ». On retrouve aussi Parker Kindred à la batterie sur l’ensemble du disque.

Même si on aurait aimé entendre un Colin Stetson plus aventureux sur « White Child », cette pièce débute le disque en force. Les morceaux s’enchaînent par la suite de façon magistrale avec « Lonely Richard » et « Splits Are Parted », rendant dès le début cet album addictif. Il y a une composante de jouissance quand McMahon pousse la note et entreprend des envolées vocales, l’effet ajouté à la voix prend aux tripes et ajoute une fabuleuse viscéralité mélancolique. Sur « Sixteen », McMahon s’accompagne seul au piano et son accord répétitif nous fait croire à cet amour perdu. Plus loin, « Rocket Flare » met en scène une superbe mélodie de guitare électrique, soutenue par la batterie plus rapide de Kindred qui, comme suggère le refrain, nous invite à danser et tourner sur nous-mêmes.

Les ambiances sont variées, nous entraînants dans des sphères émotives riches et soyeuses, sur « I Know Myself », le morceau gagne en momentum en cours de déploiement, la guitare acoustique se voyant rejointe par une tambourine et des chants harmoniques pour en faire une ballade pop ensoleillée. Autre moment jouissif, la pièce « I Can’t Dig It » se veut plus punk dans sa rythmique de guitare et sa batterie effrénée, la voix passablement ensevelie dans le mix, se terminant dans une orgie de guitares.

Avec « Love » Amen Dunes a produit un disque qui respire l’été chaud et humide, lorsque la sueur se colle à nos peaux de bêtes et entraîne l’esprit dans une mollesse triste. Il nous fait vivre la vie en kodachrome avec des rayons de soleil saturés dans les refrains. Un disque incroyable, accessible, lumineux et sombre tout à la fois.

-  Desc : Folk-pop psychédélique, dreamy
-  R.S.V.A. : The Black Angels, Charles Manson, Nick Drake

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