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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

Love 2

AIR

Astralwerks/EMI

lundi 1er février 2010, par Éric Dumais

(4/5) Après nous avoir ému avec la bande sonore du film Virgin Suicides de Sofia Copolla et avec leurs émouvants et touchants Pocket Symphony et Talkie Walkie, le duo français Air offre un retour marqué par la critique avec la sortie du tout nouveau Love 2.

Étonnamment, l’opus, dès sa sortie en magasin, est loin de susciter l’euphorie générale à laquelle l’on se serait attendue, même que les fans de la formation french touch (musique électronique française) en conviennent pour qualifier leur retour comme étant légèrement décevant. Rappelons qu’Air est un groupe formé en 2000 par Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin. Dix ans plus tard, ils ont réalisé ensemble six albums, sans oublier la musique extraordinaire qu’ils ont composée pour le cinéma (outre Virgin Suicides, Dunckel et Godin ont performé sur les bandes sonores de Lost In Translation (2003) et de Marie-Antoinette (2006)). L’arrivée de Love 2 n’est pas une révolution en soi puisqu’il ressemble, à quelques exceptions près, à ce qu’ils ont offert précédemment, mais cette fois-ci il se dégage un ton légèrement plus personnel et intimiste qu’auparavant.

L’album est léger comme une plume qui voltige dans le vent et aussi vaporeux qu’une bordée de nuages. À l’écoute, un univers onirique rempli d’allégories et d’images mentales s’esquisse dans notre tête. L’effet est magnifique. Comme d’habitude, Air nous offre une pop bien construite et une mélodie électronique frivole et électrisante. Ces deux musiciens français possèdent une grande habileté pour nous entraîner dans leurs filets enivrants et sensuels, un peu comme une araignée qui, grâce à sa toile collante, piège ses proies. Godin et Dunckel nous offrent douze titres aussi bons les uns que les autres, mais il faut se l’avouer : les deux premiers tubes présentés au public un peu plus tôt dans l’année restent définitivement les meilleurs. En effet, quelque temps avant la parution de Love 2, Do The Joy, la pièce inaugurale, était disponible en Streaming, alors que le vidéo-clip de Sing Sang Sung était déjà offert en visionnement sur You Tube et sur plusieurs autres sites Internet. Décidément, ils ont le tour de mixer de longs buzz électroniques (Do The Joy, Tropical Disease) avec une pop déconstruite (Love, So Light Is Her Footfall) qui rappelle, sans trop lui ressembler, celle des Montréalais Clues. C’est là où Air réussit le plus à innover, c’est-à-dire qu’ils sont capables de mélanger deux genres différents à part entière, en les twistant et en les mixant de sorte qu’ils deviennent quasiment homogènes. Vraiment, le résultat est admirable et seulement pour ce tour de force, je leur lève mon chapeau !

- Desc. : Électro-pop expérimentale
- R.S.V.A. : Jay Jay Johanson, Zero 7, Röyksopp

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