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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Worship

A PLACE TO BURY STRANGERS

Dead Oceans

mercredi 22 août 2012, par Yannick Valiquette

(3.5/5) Le cliché à propos de A Place to Bury Strangers veut qu’ils soient un des groupes les plus bruyants de la planète. Producteurs de leurs propres pédales d’effets, le trio brooklynois ne fait effectivement pas trop preuve de retenue quand vient le temps d’utiliser la distorsion. Pourtant, il y a depuis Exploding Head, paru en 2009, une volonté de souligner que derrière le bruit se trouvent des chansons et des mélodies qui pourraient bien se frayer un chemin jusqu’à un club gothique près de chez vous.

Si le groupe s’en tient essentiellement à sa formule habituelle sur Worship, c’est-à-dire enfouir des chansons pop glauques sous des kilomètres de distorsion, il élargit considérablement sa palette en concentrant ses efforts sur les mélodies de voix et de guitares. Tandis que certaines paroles auraient sans doute mieux fait de rester noyées sous les pédales d’effets (I want you here so bad and could not be more sad), l’accent sur les mélodies a bien réussi à conserver la nature abrasive du groupe tout en lui insufflant un côté étrangement accessible. Les quelques trèves de distorsion nous donne l’occasion de creuser plus profondément dans les compositions du groupe pour y découvrir ses penchants minimalistes (l’économie de moyens sur « Fear »), ses contours pop assumée (le rythme quasi surf de « And I’m Up »), mais aussi ses faiblesses. Sans la distraction de l’omniprésence du bruit, « Slide » n’arrive tout simplement pas à se dégager de ses références au Cure des premières années et tombe froidement à plat. Heureusement, les bons moments sont supérieurs en nombre et des bijoux comme « Dissolved » qui troque ses lignes de guitares aériennes à mi-parcours pour en faire surgir un post-punk rythmé ont tôt fait de nous ranger du côté des convertis.

Au final, A Place to Bury Strangers n’auront pas réussi à surpasser leur désormais classique Exploding Head, ni à essuyer les incessantes comparaisons avec The Jesus and Mary Chain. Mais tout ça est sans importance. Sur ce troisième album, le groupe de Brooklyn démontre qu’on peut vénérer un genre musical sans le plagier de manière éhontée, en donnant plutôt sa propre version des faits. Sur ce point, Worship se défend admirablement bien.

- Desc. : Shoegaze, Noise Rock
- R.S.V.A. : The Jesus and Mary Chain, Joy Division, Ringo Deathstarr

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