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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

The Way Of The Animal Powers

ZU

Public Guilt

dimanche 23 mai 2010, par Éric Dumais

(2/5) Le trio avant-gardiste Zu a eu l’honneur cette année de voir l’opus The Way Of The Animal Powers, qui est paru en 2005 sur la défunte étiquette Zeng, renaître de ses cendres sous la forme d’une version améliorée et peaufinée. Les membres de la formation peuvent maintenant se féliciter de cette nouvelle visibilité, puisqu’ils figurent désormais sur Public Guilt, une étiquette américaine spécialisée dans la musique expérimentale.

Originaires de Rome en Italie, les membres du trio sont respectivement Luca Mai au saxophone, Massimo Pupillo à la basse, et Jacopo Battaglia à la batterie. Avec 14 albums à leur actif, dont 2 albums live et deux splits, et un peu plus de 1000 spectacles à travers l’Europe, le Canada, les États-Unis, l’Asie, la Russie et j’en passe, il serait faux de croire que le groupe n’a aucune ambition ni aucun avenir. Mais je l’avoue sans détour : la musique de Zu, même après plusieurs jours d’abstinence, me fait encore froid dans le dos.

Comment parler de cet album sans être trop déplaisant ? Et comment décrire mes impressions sans avoir l’air d’un révolté de la vie ? The Way Of The Animal Powers est un opus que l’on écoute une seule fois dans une vie. C’est un peu comme avoir lu la Bible au complet. On est content de l’avoir fait, mais on sait pertinemment qu’on ne le refera jamais. Je pourrais décrire ma rencontre avec le groupe de la même manière. Après ma première écoute, j’ai su aussitôt que ce serait la dernière. C’est peut-être cette impression d’avoir perdu mon temps, ou plutôt de n’avoir pas saisi la portée du message. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le trio Zu possède certaines affinités avec d’autres artistes aussi bizarres qu’eux, comme Mike Patton (Mr Bungle, Fantômas) et John Zorn (Naked City, Painkiller). Vous devez commencer à comprendre où je veux en venir. Grosso modo, Zu c’est de la musique agressive et agressante, qui oscille entre le free jazz, le noise rock et le math rock, et qui détruit les conventions musicales établies. À plusieurs moments, on sent une surcharge de distorsion envahir le souffle éreinté du saxophoniste, alors qu’à d’autres, on suit plutôt une basse lourde et puissante, qui s’amuse à donner le rythme à une batterie qui tarde à suivre la cadence.

Je recommande cet album à ceux qui ont une admiration invétérée pour des artistes tels que Mike Patton, John Zorn, et à la limite, Björk. Car si vous n’êtes pas bien préparé au préalable, vous risquez de vous en souvenir longtemps !

- Desc. : Free jazz, rock lourd/expérimental
- R.S.V.A. : Dub Trio, John Zorn, Mr Bungle

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