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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Charmed & Strange

YOAV

Universal/Island

mercredi 10 juin 2009, par Nicolas Pelletier

(3/5) Ce jeune homme fait un folk funky sensuel recherché. Il pourrait presque tomber dans la pop presque r’n’b (Club Thing, qui ressemble presque à Numb de U2, en plus folk sexy) mais il s’en sauve grâce à des arrangements audacieux et originaux, souvent dépouillés.

Ce premier album de Yoav rappelle le récent Fink, ce DJ converti au folk, par l’énergie et la tension sensuelle qu’il dégage. C’est parfois près de ce que faisaient Prince, Seal (Live) et Raz Ohara. Yoav fait le genre de chansons qu’on peut faire jouer à fond et danser en groovant, mais qu’on peut également apprécier pour la qualité musicale. La musique de Yoav, aérée et minimaliste, fait danser sans aucun doute (Adore Adore), mais sans rendre idiot pour autant. Yoav utilise beaucoup d’effets répétant un motif de guitare sèche, instrument dont il utilise la caisse de bois comme percussion. Chaque son de sa musique provient de sa guitare (percu, effets et quelques notes) et de sa voix.

Né en Israël d’un père architecte juif roumain ayant survécu à la Guerre et d’une mère chanteuse d’opéra, il ne découvre la pop que vers 9 ans en entendant Wham ! et OMD chez un ami voisin, alors qu’il vivait à Cape Town en Afrique du Sud. Il apprend ensuite la guitare en cachette… Puis, le coup de foudre : lors d’un concert de Crowded House, Neil Finn invite quelqu’un du public à venir chanter quelques lignes. Et, devant 15 000 personnes, le jeune Yoav, 15 ans, impressionne et reçoit une ovation telle que les médias en viennent à douter que le tout n’était pas arrangé. Il bougera à Londres, puis Johannesbourg avant de s’installer à New York.

À certains égards, il fait penser à un croisement entre José Gonzalés, Seal, Miro et Jack Johnson : un mélange de folk, de soul, de funk et de charisme. Sa voix douce rappelle celle JP Nataf, en plus sensuelle. Elle sonne tellement « noire » qu’on est presque surpris de le découvrir blanc et frisé en clip. Seule sa reprise de Where is My Mind ?, hymne des Pixies, est un peu floue et vague, et au final, pas vraiment réussie.

Un très agréable mélange d’excellentes mélodies, d’une ambiance sensuelle toute retenue, de sonorités soulantes, grisantes. À lui seul, « Charmed & Strange », enregistré à Oxford et Montréal, contient plusieurs bombes qui pourraient faire exploser les pistes de danse de qualité. (NP)

- Desc. : Pop commercial groovy-folk
- R.S.V.A. : Jason Mraz, Jack Johnson, Matt Costa

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