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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Odd Blood

YEASAYER

Secretly Canadian

mercredi 10 février 2010, par Nicolas Pelletier

(2.5/5) Plusieurs groupes se sont démarqués durant la dernière année, avec un premier album flamboyant et vite qualifié de génial. On pense à Vampire Weekend, Grand Archives et, un peu plus tôt, Clap Your Hands Say Yeah. Et pour tous ces artistes, le second album a déçu. Le même phénomène se produit avec les Brooklynois de Yeasayer, qui avaient charmé avec la simplicité lo-fi combinée à une énergie brute sur « All Hour Cymbals » en 2007.

Dès les premiers instants de « Odd Blood », avec Children, ce sont aux Residents auxquels on pense, avec ces forts effets de distorsion sur les voix et leur musique industrielle glauque. Intrigué, on poursuit l’écoute de cet album qui a visiblement demandé un plus grand investissement en temps de studio, étant donné les nombreux éléments électroniques qui parsèment la musique. Anand Wilder, Chris Keating et Ira Wolf Tuton y lancent des claviers aux sonorités typiquement « eighties » (Ambling Alp) ainsi que des chœurs vocaux un peu moins brouillons que sur l’opus précédent (Madder Red). La pièce Rome aurait pu sortir en 1988.

Là où l’on reste bouche bée de surprise est devant le chant de Keating. Celui-ci semble directement emprunté aux groupes new wave des années 80 (I Remember). On y entend des références évidentes aux Talk Talk et autres Fixx. La complexité musicale et le manque d’accroche à la première écoute rappelle beaucoup XTC. C’est comme si Yeasayer avait tenté d’accoucher en studio un album qui aurait eu sa place il y a 25 ans, sans non plus tomber dans quoique ce soit de pop… Le défi est de taille, et c’est à se demander si le résultat valait les efforts : bien peu de chansons captivent. Certains passages sont intrigants, et l’œuvre en général est cohérente dans sa direction, mais on a là un album tellement touffu qu’il est difficile d’y plonger pour y chercher des perles.

Plusieurs textes contiennent des textes d’amours brisés et de souffrances (O.N.E., l’une des plus dansables, puis la complexe mais accrocheuse Love Me Girl), bien camouflés sous des programmations dignes des bons moments des Depeche Mode et, plus récemment, Fol Chen. Un album qui, somme toute, est étrange, déroutant, qui semble à la fois expérimental et anachronique, vu sa saveur 80s. Bref, rien à voir avec le premier !

On se rappellera que Yeasayer était vite devenus la saveur du mois en 2007, suite à leur performance à SXSW. Ils avaient ensuite tourné avec MGMT et Man Man en 2008 avant de se joindre à la tournée Lollapalooza.

- Desc. : Indie rock/experimental pop
- R.S.V.A. : Animal Collective, Le Loup, The Dodos

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