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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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WOODEN WAND

People in a Position to Know

mardi 4 décembre 2012, par Frédérick Galbrun

(1/5) James Jackson Toth a commencé sa carrière avec le groupe Wooden Wand and the Vanishing Voice. Derrière ce nom digne d’un roman d’Harry Potter, se cachait un des groupes qui allait permettre de finaliser mon passage du free-jazz au folk. Ces derniers avaient eu l’ingéniosité de mélanger folk et musique improvisée, d’une manière plus proche des abstractions psychédéliques que d’une ligne mélodique et des structures délimitant l’improvisation. Au fil des albums, j’ai été conquis. Mais voila qu’un jour apparu sur les étagères de mon disquaire préféré, un disque solo de Wooden Wand, sans le reste, exit la voix évanescente. « Harem of the Sundrum & The Witness Fig », paru en 2004, reste un disque incroyable dans son fond et dans sa forme. L’enveloppe est une musique folk lo-fi et fragile, imprégnée de l’aura d’un projet enregistré sur un 4Track à trois heures du matin. Mais déjà on pouvait remarquer une facilité pour la mélodie attendrissante et des paroles profondes, traitant de croyances, de mysticisme, de religion, d’amour, le tout sous des couches d’abstractions esthétiques.

Au fil des ans, Wooden Wand a continué son bout de chemin, avec ou sans acolytes, accumulant les parutions en différents formats à une vitesse effrénée. Son folk s’est raffiné, le son s’est éclairci, les aspérités burinées. Le religieux, la recherche esthétique transcendante s’est estompée, égrainée dans un joint qui ne fait plus le même effet. Ses plus récents disques souffrent d’une production plus travaillée et d’un propos désormais anonyme. Les thèmes de prédilection tournent autour de l’amour et certaines histoires noires du type « murder ballads ». Wooden Wand a perdu petit à petit sa magie, se transformant en une simple baguette de bois ordinaire, dénuée de pouvoirs. Il se distingue difficilement du lot générique de chanteurs country-folk qui marquent un continuum ininterrompu entre les années soixante et aujourd’hui. Le pire album demeure « Waiting in Vain », paru sous son propre nom en 2008. Mais il a su se rattraper un peu avec « Born Bad » (2009) et retrouver sa pertinence avec « Death Seat » en 2010. Toujours est-il que Toth n’a plus à prouver ses talents d’auteur compositeur ; il l’a déjà fait et ses albums regorgent de perles country-folk. De plus, on ne peut pas lui reprocher son manque de zèle en expérimentations, car derrière la formule de groupe et certains projets solo (The Zodiacs, Hassara), il retourne dans l’expérimental et l’avant-garde, terreau dont il est issu.

Il semble donc que son parcours des huit dernières années mérite une certaine reconnaissance. Suffisamment pour offrir à l’amateur un coffret de six vinyles, regroupant des chansons d’archives(!) inédites, parcourant différentes époques de création. L’objet bénéficie quand même d’une présentation soignée, en vinyles seulement et à l’intérieur d’une belle boîte de bois sérigraphiée. Bref, le fétiche ultime du collectionneur. On ne peut malheureusement que supposer la composition de ce coffret et on reproche que les médias ne bénéficient que d’une sélection maigrichonne de seize mp3 d’un fade absolu, qui laissent l’auditeur avide d’expérimentations et de profondeur sur sa faim. Je blâme la personne responsable de cet échantillonnage sans intérêt et non l’artiste, car il paraît que c’est plus de 400 chansons qui traînent dans les voûtes du projet Wooden Wand, il est normal que la qualité se trouve diluée dans la quantité. D’ailleurs, cette sélection d’archives « troisième volume », fait suite à la sortie de deux volets précédents, soit une première sélection regroupée sur le disque « Hard Knox » paru sur Ecstatic Peace et le deuxième volet en une collection de plus de 100 mp3, donnée à ceux qui ont contribué à la campagne Kickstarter pour la sortie de l’album Wooden Wand & The Briarwood Virgins. On lui souhaite bonne continuation.

- Desc : Country, Folk
- R.S.V.A. : Bob Dylan, Townes Van Zandt, Roky Erickson

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