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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Headspace EP

WE BARBARIANS

Beranimal

mardi 20 septembre 2011, par Vanessa Hauguel

(3/5) Tout dernier EP du groupe récemment établi à Brooklyn et californien d’origine, groupe prometteur livrant un 20 minutes de rock ambitieux. À priori, We Barbarians, me semblait être un nom drôlement choisi pour un groupe qui à la première écoute empruntait des chemins… déjà foulés et bien civilisés. À la seconde écoute, l’album révèle un peu plus con côté « brut », pas grossier attention, pas sauvage non plus, puisque le son et les paroles transcendent quelque chose d’humaniste. Brut. Au sens d’inaltéré, d’irréductible, « à l’état pur ». Intuitivement, tout ça nous mène à l’origine du nom, We Barbarians, qui serait en fait inspiré du titre d’une pièce de théâtre allemande méditant sur l’humanisme et l’industrie. Deux grands thèmes, présents dans cet album.

À l’écoute de Chambray les résonances à U2 sont frappantes et même si ces influences sont bien assumées, elles semblent aplanir la personnalité du groupe. Le talent se fait ressentir, soit. Quelque chose de neuf ? Ce sera à confirmer. Le trio démontre sa maitrise des arrangements et des orchestrations et sait surprendre à quelques détours, avec Strange Overtones, cover fort réussie de Brian Eno et David Byrne, leur rock ambitieux peut atteindre quelques sommets. Mais les belles hauteurs qu’il peut atteindre sous les influences de The Clash et de The Stone Roses se discernent brièvement. Passant d’une influence à l’autre, d’une époque à une autre, ou plutôt à travers les décennies 80 et 90, la voie principale du groupe finie par nous échapper. On sent qu’ils ont tout pour largement satisfaire les fans de rock alternatif, mais qu’ils n’ont peut-être simplement pas encore trouvé la bonne mèche pour raviver les flammes ou ils en attisent trop à la fois.

Leur son qui se veut empoignant, manque donc d’un je-ne-sais-quoi, d’une dernière influence peut-être, celle de Lower Dens. L’horizon de We Barbarians se veut peut-être encore trop vaste, entre la Californie et Brooklyn, entre U2 et tout ce qui s’est fait dans ce large créneau, qu’on finit par s’y perdre et si c’était un peu là leurs nobles intentions, j’espère qu’ils les limiteront pour livrer ce qu’ils ont de mieux à offrir, encore plus d’eux-mêmes. En attendant, du barbarisme qui se veut épique, donnant surtout dans de belles harmonies imitatives. Une introduction qui met tout de même en appétit, en attendant la suite.

- Desc. Rock alternative, Indie Rock
- RSVA : Cold War Kids, Editors, Echo and the Bunnymen

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