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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

King of the Beach

WAVVES

Fat Possum

vendredi 17 septembre 2010, par Éric Dumais

(3/5) Le jeune Nathan Williams, chanteur et membre fondateur de la formation Wavves, vient de faire paraître son deuxième opus, l’enivrant King of the Beach. Suite beaucoup plus mélodieuse que son prédécesseur, le complexe et tortueux Wavvves (2009), ce second chapitre est la preuve que Nathan Williams, originaire de la Californie, a enfin délaissé les longues explorations noisy rock lo-fi, pour mettre à l’avant son talent en tant qu’auteur-compositeur, que nous avions tendance à balayer de la main par le passé.

Par contre, il semble que la personnalité tumultueuse de Nathan Williams, lequel est reconnu pour ses prestations olé olé et son léger penchant pour la bouteille (et autres substances illicites), n’ait pas tellement changé. Et la preuve est assez évidente : la couverture du nouvel album présente un chat orange, auréolé de deux ovales édentés, près duquel on retrouve une feuille de marijuana, des palmiers et un joint… fumant ! L’image est extrêmement chargée, multicolore, à la limite d’être hallucinatoire. Bon, le changement, me direz-vous, est peut-être pas encore très évident, mais ne vous impatientez pas, le voici.

King of the Beach est un album un peu plus modéré et épuré que Wavvves, au sein duquel nous avions l’impression que le jeune Nathan Williams déchargeait toute sa colère et son amertume sur des mélodies shoegaze lo-fi agressives, lourdes comme des somnifères, et aussi inaccessible que les premières pièces des Times New Viking. Cette fois-ci, Nathan Williams nage à travers des mélodies plus mélodieuses, avec une touche 50’s vraiment plaisante et un goût assumé pour le grunge et le shoegaze. L’enregistrement n’est pas aussi lo-fi qu’à l’accoutumée, mais comporte certains éléments déstabilisants : la voix est hyper accentuée, comme la batterie, d’ailleurs, alors que le reste de l’orchestration est carrément repoussé à l’arrière. On s’habitue quand même assez rapidement à la nouvelle sonorité de Wavves, surtout depuis que Nathan Williams a fait appel à deux des musiciens du regretté Jay Reatard. L’ensemble est turbulent, mais étonnamment bien agencé. Un « must » à se mettre sous la dent d’ici la fin de l’été.

- Desc. : Noisy rock 50’s surf-punk
- R.S.V.A. : Male Bonding, No Age, Guided By Voices

*La formation Wavves sera de passage au CEPSUM (Complexe sportif de l’Université de Montréal) le 21 octobre prochain avec Phoenix.

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