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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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S/T

WARPAINT

Rough Trade

vendredi 8 août 2014, par Pascal Dumont-Julien

(2.5 / 5) Il n’est pas simple de définir le style musical de Warpaint. Mon premier contact avec ce groupe féminin formé en 2004 à Los Angeles fut l’album The Fool (2010), suite du maxi Exquisite Corpse (2008). Les motifs de basse à l’avant-plan, l’utilisation marquée d’effets de modulation sur les guitares, les progressions rythmiques surprenantes et les harmonies vocales incantatoires m’ont plu instantanément. Cet album se démarquait par ses influences New Wave (Cocteau Twins, Siouxsie and the Banshees) et Shoegaze (Lush) mêlée à l’intensité Riot Grrl du début des années 90.

C’est en janvier dernier, après quatre ans de tournée internationale, que Warpaint faisait paraître son deuxième album (Warpaint). Dès les premières secondes, la rupture avec The Fool est flagrante : l’esthétique organique et imparfaite du premier disque est remplacée par la précision chirurgicale et la sonorité somptueuse du réalisateur émérite Flood (New Order, Nick Cave, PJ Harvey). On remarque également la batterie et les percussions remplaçant la basse en avant plan. À l’instrumentale « Intro » suit « Keep It Healthy », caractérisée par une rythmique math rock et de magnifiques arpèges de guitare. Dans « Love is to die », pièce mixée par Nigel Godrich (Radiohead, Air, Beck), on retrouve une basse dominante appuyée par une batterie répétitive et hypnotisante, le tout enlacé de couches de guitares atmosphériques. Doublé d’un refrain accrocheur, cette pièce est sans contredit le moment fort de l’album. Moment fort, oui, car malheureusement cela se gâte par la suite. Les pièces « Hi » et « Biggy » ne lèvent carrément pas. « Teese », bien qu’agréable, manque de mordant. On reprend un peu de vitesse avec « Disco//Very » où une influence Hip Hop se fait sentir, mais on retombe aussitôt avec « Go In », qui passe sans vraiment laisser de traces. On a l’impression d’écouter la trame sonore d’un road movie tourné au ralenti. On sort un peu de la torpeur avec « Feeling Alright » et, si on oublie la brouillonne « CC », les dernières pièces de l’album, « Drive » et « Son », sont convaincantes et nous laisse présager de bonnes choses pour l’avenir du groupe.

Malgré plusieurs écoutes, l’impression persiste : cet album semble long et dégage quelque chose de froid, particulièrement au niveau du chant, exécuté sans passion apparente. On ne retrouve jamais la puissance de pièces comme « Undertow » ou « Set Your Arms Down ». Est-ce l’ordre ou le choix des pièces, la production léchée, la volonté de rompre avec le premier disque ? Mystère. Pourtant, sur la pochette et dans le teaser vidéo de l’album, les superbes images de Chris Cunningham nous laissaient présager le meilleur. De plus, dans une entrevue accordée à The Guardian en début d’année, Theresa Wayman (chant, guitare) affirmait que l’objectif du groupe pendant la création était de faire un album sexy… La définition de sexy est peut-être subjective, mais Warpaint s’avère un album désincarné où il est difficile de déceler quelconque sensualité.

Desc. : Soft NuGaze, Jam band R.S.V.A. : Beach House, Lush, The Breeders

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