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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Compter Les Corps

LES VULGAIRES MACHINS

(Indica)

lundi 3 décembre 2007, par Jean-François Rioux

C’est sur une douce mélodie de piano et la voix de Marie-Ève Roy (voix, guitare, piano) que l’intro du quatrième album des Vulgaires Machins s’ouvre. Le jeune quatuor roule sa bosse depuis Vingt-quatre quarante, paru en 1998 sur la même compagnie montréalaise. Depuis ses débuts, le groupe envoie un message facilement captable au cœur de ses chansons : des critiques sociales, du sarcasme et une touche d’humour. Guillaume Beauregard (voix, guitare) s’attaque dans ses textes aux gens hypnotisés par les gouvernements, la télévision et la monopolisation tout en ayant des textes intelligents et parfois poétiques. On ne parle pas nécessairement de souveraineté directement ; malgré tout, leur côté rebelle nous laisse insinuer que leur choix serait assez facile lors d’un référendum, malgré l’appui financier du gouvernement canadien que le groupe a reçu pour ce nouvel opus. La couverture de Compter les corps est la première chose que l’on peut interpréter comme une vision post-apocalyptique, que ce soit dû à des guerres ou à la pollution, c’est aussi tout simplement une image de forêt en automne, épuisée du manque d’oxygène, dans un sombre crépuscule. L’artiste Benoît Falardeau a réussi avec le groupe à donner un cachet visuel qui reflète bien le groupe. Le jeune groupe n’a pas peur des mots, sa critique est parfois directe comme dans la pièce Arrachez-moi les yeux où le chanteur n’hésite pas à crier « …les morons qui arrosent leur asphalte », pour vous donner une petite idée. Les dirigeants de Quebecor sont aussi quelque peu écorchés indirectement, donc n’espérez pas en lire trop sur eux dans les médias leur appartenant ! La différence entre les textes engagés des Cowboys Fringants et de ceux des Vulgaires Machins est surtout que, malgré leurs excellents textes, les jeunes punk rockers ne donnent pas une solution à certains problèmes, ils ne font que frapper et dire ce qu’ils pensent. La musique du quatuor est bien énergique, les rythmes de guitares s’apparentent autant à ceux de groupes punk tels qu’Offspring, Green Day qu’aux guitares mélodiques des Pixies avec quelques harmonies à la Weezer. Les chœurs sont réussis et donnent parfois beaucoup d’intensité dans les mélodies encore plus accrocheuses. Les compositions restent simples, musicalement bien nues, un peu de rage et de mélancolie, mais sans rien apporter de nouveau. La recette est gagnante et un virage électronique serait bien entendu incompréhensible : le groupe semble vouloir rester fidèle à lui-même en incorporant, malgré lui, un peu plus de maturité d’album en album. Compter les corps est un disque intelligent, qui a autre chose à dire, qui a de bonnes mélodies, bref, tout ce que Simple Plan n’a pas ! Seize nouveaux morceaux « rentre dedans » qui vous aideront à taper des pieds et chanter en chœur avec le groupe autre chose que les « régurgites » à l’eau de rose de Garou ou autre « Star Épidémicienne ».
- Desc. : Punk/rock franco
- R.S.V.A. : Offspring, Xavier Caféïne, Noir Désir

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