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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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The Blackout

TUNNELS

Thrill Jockey

samedi 12 novembre 2011, par Olivier Boivin

(3.5/5) Prenez les voix métamorphosées des deux chanteurs principaux du groupe underground montréalais Claass (Alex Ortiz de We Are Wolves et Jordan Dare), ajoutez-y encore plus de synthétiseurs et voilà à quoi ressemblerait la recette grosso modo utilisée par la formation Tunnels. Le leader du trio, Nicholas Binderman, présente un énorme pot-pourri de sons intergalactiques aussi abstraits qu’appréciables. Voici une énorme bulle créative provenant d’une distance terrestre trop éloignée pour qu’un satellite de station de radio commerciale puisse capter quoi que ce soit, pour notre plus grand plaisir, chers amateurs de musiques indépendantes.

Le mot clé de l’album ? Le détachement. En effet, l’album The Blackout, leur premier disque complet paru sous l’étiquette Thrill Jockey, semble sortir d’un cimetière glauque de la planète Mars, l’unique cimetière auquel nous serions volontairement enterrés vivant, à condition bien sûr d’entendre en arrière-plan l’album de Tunnels. En effet, l’esprit est rock garage, presque punk (rythmes de ’’beat box’’) mais il est fascinant de se rendre compte qu’on s’amuse avec les sons clichés trop utilisés notamment durant la décennie de 1980, ceux que l’on a si bien entendus sur notre petit Casio de base dans un passé pas trop lointain.

Le chanteur semble sur le point d’agoniser pour de bon sur les pièces de The Blackout, mais sans souffrir. Plus d’un mélomane se réjouira sur ce disque puisque la position dans laquelle se trouvent les cordes vocales est originale, unique et impressionnante. Dès le départ, j’ai apprécié le mélange de confort musical en parallèle avec la voix nonchalante qui côtoie la majorité de la musique rythmée. Les sonorités utilisées rappellent la technologie avancée qu’utilise des formations comme ADULT, par exemple, un côté intransigeant pour ne pas dire austère.

Sombre, hypnotisant et envoûtant, l’esprit reste paisible. Soit on adopte, soit on résiste, mais on ne peut nier la force de la douceur des enchaînements réussis sur The Blackout. Qui a dit que le charme devait se trouver sous le soleil ? Ici, Tunnels arrive à prouver le contraire car on aime sans difficulté leur dévoilement à travers l’ombre.

- Desc. : Indie new wave
- R.S.V.A. : Gary War, Claass, Trans Am

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