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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Thing

TRANS AM

Thrill Jockey

jeudi 18 novembre 2010, par Éric Dumais

(3.5/5) Rares sont les groupes, en particulier ceux du gabarit de Trans Am, qui, même après 15 ans d’activité, réussissent encore aujourd’hui à attirer l’attention auprès d’un public en constant changement. Car il faut avouer que la formation de Maryland, aux États-Unis, n’a aucunement changé d’orientation musicale après autant d’années, même qu’elle persiste toujours à percer le cœur des gens avec une musique qui se veut déjà désuète. Et la sortie de leur neuvième album, Thing, en est la preuve vivante.

Cet opus pour le moins audacieux est une référence directe à la musique qui était en vogue vers le milieu des années 90. De fait, lorsque l’on écoute Trans Am, il s’avère que l’on possède un goût particulier pour le post-rock, le funk et le kautrock, un sous-genre du rock progressif, et aussi pour la musique dite robotisée (surtout au niveau des voix). Avec Thing, le trio américain ne déroge pas à la règle : on retrouve encore une fois une musique décapante et parfois dérangeante, au sein de laquelle guitares endiablées et synthétiseurs éclatés s’épousent dans une cacophonie de sons polyphoniques vraiment agréables à écouter.

Le concept qui entoure la création de ce neuvième effort est réellement intéressant, quoiqu’un peu décevant pour les membres du groupe. Il s’avère que Trans Am avait pour contrat de réaliser la bande sonore d’un film de science-fiction à la sauce d’Hollywood. Malheureusement pour eux, le projet est tombé à l’eau. Nageant dans l’incertitude, le trio croyait assurer, sans avoir eu de confirmation précise, la bande sonore du nouveau film de James Cameron, Avatar. Mais lorsqu’ils ont réalisé que c’était James Horner qui avait obtenu ce rôle tant convoité, ils ne leur restaient plus qu’à ravaler leur salive et faire leur deuil. C’est donc dans cette atmosphère de déception et de chaos - relatif, on s’entend - qu’est né cet opus qu’ils ont intitulé simplement Thing. Peut-être en hommage du film The Thing de John Carpenter ? Grichage, voix électroniques et envolées synthétiques, voilà ce que j’appelle de l’excellent Trans Am. À l’écoute, on nage dans l’audace, dans l’incertitude, mais surtout dans le néant. C’est comme si les membres de la formation avaient pour but de nous faire décoller dans un monde totalement incertain, à la frontière de l’irréel et de l’hallucinatoire. La chanson Black Matter, la plus intense du lot, est le mariage parfait entre le post-rock et l’électro des années 90. Avec les autres pièces de l’opus, on a l’impression de revivre l’espace d’un instant les meilleurs tubes de Daft Punk, tout en revisitant Kraftwerk et à la limite, Joy Division.

Si vous avez envie d’être déstabilisé par une musique ambiante vraiment « weird », vous adorerez le nouveau projet de Trans Am. C’est envoûtant, c’est électro, et en plus, c’est vraiment bon.

- Desc. : Post-rock électro
- R.S.V.A. : Tortoise, Maserati, Ui

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