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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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June 2009

TORO Y MOI

Carpark

mercredi 27 juin 2012, par Nicolas Pelletier

(1/5) On a ici un bien curieux album qui passe de l’électro emo, dans la même veine que les Oliver Tank et Tame Impala de ce monde au garage rock lo-fi à la Saturday Looks Good to Me ou Guided by Voices. Très peu mélodique et aux rythmes complexes (essayez de taper du pied sur Talamak – First Version…), la musique de ce musicien de Columbia, en Caroline du Sud est hermétique, pour ne pas dire inaccessible. Il prend son nom dans une juxtaposition de l’espagnol et du français pour dire « le taureau et moi ».

Toro Y Moi (ou Chazwick Bundick de son vrai nom) aime visiblement habiller leurs voix de multiples effets qui rendent incompréhensibles leurs paroles sur certains titres, mais peut aussi chanter des airs d’été avec des pa-pa-pa dignes des Beach Boys sur d’autres (notamment Ektelon et Best Around). Drive South ressemble vaguement à du Chromeo raté, c’est-à-dire qui ne donne pas le goût de bouger. Pourtant, il s’agit probablement de la meilleure pièce du disque… Ce roi de la syncope est pour le moins déroutant. Autant leur originalité doit être soulignée (et applaudie), autant il est difficile d’avoir envie d’écouter leur musique. « June 2009 » est son 3e album en carrière, débutée en 2010 alors que son chemin croise celui d’Ernest Green (Washed Out) et Neon Indian, en plein courant « chillwave ». Caribou le choisit pour jouer au ATP Nightmare Before Christmas festival, à Minehead, en Angleterre en décembre dernier.

Certains morceaux sont meilleurs, comme Take The L to Leave, qui joue un peu plus dans la cour des amateurs de synthés et beat box des années 80 comme Tanlines aime le faire aussi. Plus loin, Girl Problems semble avoir été conçue dans le moule des premiers albums des Black Keys, soit avant que ces derniers ne trouvent la recette du méga hit accrocheur. Le riff de guitare est intéressant, mais la réalisation est atroce. À certains moments, on dirait que le tout a été enregistré en même temps que les démos du Velvet Underground et avec le même microphone bas de gamme. Sérieusement, il y a des limites à vouloir sonner « lo-fi ». Et c’est sans compter les moments où Bundick fausse. On sait pourtant qu’il peut faire mieux, puisque la pièce Never Loved Ones contient de jolis passages à la guitare acoustique.

On ne s’attardera pas davantage sur cet album aussi attirant qu’un cactus.

- Desc. : Garage lo-fi electro
- R.S.V.A. : Tame Impala, Guided by Voices, Of Montreal

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