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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Dust Lane

TIERSEN, YANN

Anti

mercredi 26 janvier 2011, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) Reconnu pour sa musique typiquement parisienne en bande-son du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, œuvre qui le révélait au grand public en même temps que la belle Audrey Tautou en 2001, Yann Tiersen se révèle un artiste disposant d’une palette musicale bien plus large que ces fameux airs d’accordéon, aussi élégants soient-ils.

Il est vrai que le musicien breton de 40 ans est avant tout un spécialiste des bandes sonores de films : il a débuté dans ce domaine à la fin des années 90, notamment pour le film “Le Phare”. Il collaborera ensuite avec une pléiade d’artistes français et anglais d’horizons bien différents, mais ayant tous le même souci de qualité : Les Têtes Raides, Shannon Wright, Stuart A. Staples, Françoiz Breut, Married Monk... pour ne nommer que les plus connus. Son approche s’apparente à celle d’un Daniel Lanois, dans le sens qu’il insuffle de la qualité à la musique de ses partenaires de son.

Plus proche musicalement d’un Pascal Comelade ou d’Andrew Bird, Tiersen démontre avec son sixième album solo qu’il est vraiment à l’aise dans un moule plus rock. Sur “Dust Lane”, les sombres ambiances imagées prennent une large place à la Tindersticks. Le récent décès de la mère du musicien ainsi que celui d’un ami proche ont probablement hanté les sessions d’enregistrement. La voix de Tiersen y est grave, plus parlée que chantée, souvent teintée d’effets. “Dust Lane” est un album beaucoup plus rock que tout ce qu’a fait Tiersen par le passé, avec quelques moments chantés (Chapter 19), mais encore plus qui mettent en valeur le jeu de guitare électrique du multi-instrumentiste, à l’image de ses plus récents concerts. De puissantes envolées de violons enflammés (l’intense Palestine, presque à la Arcade Fire ou à la dEUS) accentuent la tristesse ambiante, trame de fond de l’œuvre. Un album sombre mais solide, teinté d’une certaine urgence, et dans lequel Tiersen se révèle extrêmement compétent dans un style qui semblait à première vue un peu loin de son registre naturel. Vu son intensité, cet album doit s’écouter dans les bonnes dispositions d’esprit pour être apprécié.

- Desc. : Post-rock orchestre de chambre
- R.S.V.A. : Tindersticks, Owen Pallett, Andrew Bird

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