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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Harbours

THUS : OWLS

Hoob

mercredi 31 octobre 2012, par Nicolas Pelletier

(5/5) On ne peut pas blâmer Simon Simon Angell d’être tombé amoureux de la chanteuse suédoise Erika Alexandersson et d’avoir tout quitté pour elle ! Le Montréalais accompagnait Patrick Watson lors d’une tournée il y a quelques années lorsqu’une des choristes du groupe Lonely, Dear (qui ont par ailleurs assuré la 1re partie du gros spectacle de Watson au Festival de Jazz l’été dernier) lui est tombé dans l’œil. On le comprend, elle est fort jolie et talentueuse.

Le coup de foudre est réciproque, et voilà que la Suédoise joint non seulement sa destinée à celle du musicien montréalais pour le meilleur et pour le pire, mais jouxte également sa magnifique voix aux musiques hantées d’Angell. Un premier disque, assez expérimental paraît en 2008 avant que le superbe « Harbours » ne nous arrive au début de l’automne 2012.

La voix d’Erika Angell (puisqu’ils sont mari et femme) est utilisée en dominance comme en chœur sur l’imposante Island dès le début de l’album. Ça donne le ton ! Puis, Thus : Owls devient glacial sur Museum, essentiellement composée avec des grosses caisses et un fond de clavier fuzzé. D’un style à la Snowblink, on passe radicalement à du Fever Ray. Simon et Erika repartent dans une tout autre direction sur le 3e titre, I Weed The Garden, une douce pièce folk où la guitare classique et le chant démarrent seuls avant que de jolie flûte et violoncelle se joigne discrètement. La chanson a autant de panache que les plus belles de Lhasa de Sela et pourtant on vogue dans un esprit beaucoup plus froid (l’influence scandinave ?) que ce que la Montréalaise d’origine mexicaine nous offrait. Le violoncelle et les cordes sont de retour sur White Night, une pièce des plus élégantes, qui rappelle un peu ce que les Unthanks, en moins traditionnel. Les moments plus folk, comme Farmers in Japan, combinent mélodie à la guitare comme le fait José Gonzalez avec d’imposants chœurs féminins.

Voilà un disque merveilleux, intense, charmant dont la musique et les arrangements sont recherchés, subtils et jamais expérimentaux simplement pour expérimenter. On a affaire à de très solides musiciens, pas très loin de l’univers de Patrick Watson, évidement, mais également des formations telles que Sigur Rós, Nick Cave & the Bad Seeds (sans le côté pressurisé) et Portishead (sans l’aspect trip hop) ou même PJ Harvey lorsqu’elle demeure du côté sombre de son talent, comme sur la très hantée It’s Gone Now. De la très très belle musique !

- Desc. : indie rock inspiré
- R.S.V.A. : Patrick Watson, Nick Cave & the Bad Seeds, PJ Harvey

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