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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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TAMMAR

Suicide Squeeze

mardi 18 octobre 2011, par Vanessa Hauguel

(4/5) Selon la durée des morceaux, on aurait pu croire que Tammar livrait ici un album post-rock. Au contraire, les longues pièces de ce quintet de Bloomington, Indiana, traduisent plutôt un souffle d’inspirations bien amarré et insatiable. Amalgamant avec brio des mélodies, genres et influences des 3 dernières décennies, frôlant parfois le post-punk, ils passent en revue le New Wave de New Order à des plus sombres allées de Joy Division, en déviant par le rock plus robuste des années 90.

Tammar effectue ainsi un aller-retour constant et vibrant entre mélodies électro hypnotisantes et un rock plus déchiré-déchirant. Sans perdre leur fougue et leur son impulsif bien inspiré, le groupe délaisse ici l’improvisation plus expérimentale, qu’on leur connaissait, pour un son plus « musclé ». Musclé au sens de solide et travaillé.

Bien muni de belles intuitions et d’une émotivité avec de la poigne, leur son est à la fois épique et énergique, rappelant U2 par instant et War On Drugs par d’autres. Arrêtons nous ici, Tammar ne va pas noyer son émotivité dans la pop, il nous ouvre aussi bien grand sur son univers plus angoissé et planant. C’est de cette étrange rencontre d’ailleurs, entre leur côté pop et leur côté sombre que ressort le meilleur de l’album. Avec une finesse et une justesse constante, ils transmettent des émotions pleines de fureur ou de déséquilibre, que ce soit dans les élans de romantiques désaxés de Summer Fun ou de grand enfant désillusionné sur Frost Meter, les morceaux de Visits invoquent avec aisance une certaine névrose et surtout beaucoup d’abandon.

Quelques affinités avec Suede et Pulp ; ils donnent eux aussi dans la grande musique de fauchés aux aspirations héroïques. L’anxiété est livrée avec une exubérance, qui fait autant perdre pied que rentrer dans le plancher, effet d’apesanteur et de pesanteur qui a tôt fait de créer une dépendance.

Le bémol ? Peut-être un certain manque de spontanéité dans leur son, peut-être précieux aussi à certains égards. Cela dit, ce petit côté artiste-bagarreur-frimeur, n’est pas déplaisant, même que ça ajoute peut-être au charme. Et il ne manque pas de crédibilité, puisqu’à chaque tournant, leur musique semble un peu plus habitée. Habitée par autant de désenchantement que d’émerveillement. Un parfait contrepoison.

- Desc. : Cold Wave, Post-punk, Art Rock, Britpop
- R.S.V.A. : Pulp, Suede, War On Drugs

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