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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Giants

STRANGLERS, THE

All My People

mercredi 26 février 2014, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) Au moment où on ne les attendait plus, voilà que les Stranglers réapparaissent dans le portrait musical avec un solide album, « Giants », leur premier depuis « Suite XVI », paru en 2006, et 17e opus en carrière. En 2014, les Stranglers célèbrent leur 40 ans de rock !

Je n’ai jamais trop compris que plusieurs classaient ce groupe Anglais/Français parmi le mouvement punk de la fin des années 70. Ils ont toujours été, à mon avis, un (très bon) groupe rock avec quelques éléments légèrement new wave à la XTC, mais en gros, je n’entends pas de familiarité musicale avec The Clash ni avec The Cure. Ni leur look ni leur présence scénique ni leurs propos ne m’apparaissent bien punk. Ils sont plus les pères spirituels de formations rock comme Morphine. Ceci dit, depuis 2004 et leur album « Norfolk Coast », les Stranglers connaissent une véritable résurrection artistique, tout comme monétaire : ils tournent sans cesse.

Sur disque, la bande à Jean-Jacques Burnel (bassiste depuis les débuts et chanteur principal depuis le départ de Hugh Cornwell en 1990) est toujours capable de livrer du rock solide (Freedom is Insane, avec ses claviers typiques) et musicalement pertinent (l’excellente Giants). La voix de Burnel est grave et posée. Plusieurs groupes de cet âge ramollissent ou se perdent en chemin ou restent pris dans un vieux son et mentalité. Il y a plusieurs morceaux un peu surprenants sur ce « Giants ». L’album débute avec un blues rock instrumental, Another Camden Afternoon, sur lequel la basse est omniprésente. Plus loin, My Fickle Resolve est un mystérieux jazz ambiant.

Les guitares de Baz Warnes (membre depuis 2000) sont acérées et punchées, ressemblant parfois au Knack et aux Cars des belles années (Lowlands). Ses riffs sont en béton, comme sur la mélodique et énergique Time Was Once On My Side. Plus légères sont certaines pièces comme Boom Boom, ou plus ancrées dans les années 80 (Mercury Rising), mais elles demeurent quand même agréables. Un très bon album, d’un bout à l’autre !

Pour la petite histoire, sachez que Jean-Jacques Burnell est né à Londres de parents français (d’où son nom). Guitariste de formation classique, il se tourne vers la basse et développe un son distinct. En plus de son travail avec les Stranglers depuis 1974, il a lancé trois albums solo, composé de la musique de films (dont Gankutsuou : The Count of Monte Cristo, en 2005) et réalisé les opus de Taxi Girl, Polyphonic Size et Lizard. Il est bilingue et écrit même quelques chansons en français (« Un jour parfait », en 1988).

- Desc. : Post-punk, rock alternatif
- R.S.V.A. : Morphine, The Soft Boys, The Cars

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