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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Creatures of an Hour

STILL CORNERS

Sub Pop

mercredi 28 décembre 2011, par Vanessa Hauguel

(3/5) Le premier album complet (après un EP) du duo composé de l’américain Greg Hughes et de l’anglaise Tessa Murray, Creatures of an Hour, offre une belle échappée. Bien que trop inspirées de certains de ses prédécesseurs, comme Broadcast, Murray et sa voix aérienne laissent naître quelques échos et réverbérations en nous, bien à l’image de Dream pop retro.

Nous transportant avec eux, comme dans un train d’où l’on voit la lumière et les arbres en accéléré, la voix feutrée et les tonalités plus lourdes de basse et d’orgue, de Still Corners, apportent, à l’album, un contraste et une densité magnétiques. Entre autres sur la pièce Circulars, ils recréent une ambiance évoquant un havre ou un boudoir, à la façon d’un film de la Nouvelle Vague ou d’un film noir. La voix de Murray s’élève comme une lueur révélant les profondeurs d’un univers cinématique et des créatures qui l’habitent.

La voix susurrante et fluette de Murray est aussi munie d’une vulnérabilité séduisante ; sur Endless Summer, sa tonalité sensuelle et innocente, peut rappeler le charme désarmant d’une Anna Karina et de quelques héroïnes de films, troubles. La délicatesse de cette chanteuse, qui laisse présager une fragilité, est contrastée, et appuyée par les rythmes du synthé et de la batterie, bien soutenus et plus graves. Le tout fusionne naturellement, et nous entraine sans se faire prier dans ses sombres allées et aussi parfois au-dessus de ses ambiances ombrageuses, dans des zones plus légères.

Entre des influences western à la Ennio Morricone, un côté plus dense et orageux pouvant rappeler l’album The Rip de Portishead, et cette légèreté omniprésente, Creature of an Hour devient un parfait album pour les contemplatifs. Si on lui reproche un manque de substance et de personnalité, parfois quasi calquée sur Broadcast, leur son donne l’effet d’une neige fondante : éblouissante un instant pour disparaître aussitôt, laissant un souvenir imprécis.

Si la voix de Murray s’estompe, en effet, un peu vite, comme une jolie buée à la fenêtre, cette esthétique, ou ce petit côté instantané, presque polaroid, ne sont pourtant pas déplaisants, même si peu imprégnants. Mais le mélange bien dosé de tonalités délicates et graves nous convie dans cet ailleurs un peu mystique, le temps de l’écoute. Creatures of an Hour demeure un ravissant début et un album hypnotisant, envoûtant même, par moment. Idéal pour celui qui cherche un moment d’abandon, dans l’ombre de créatures mélancoliques, comme son nom l’évoque.

- Desc. : Dream pop retro
- R.S.V.A : Broadcast, Au revoir Simone, Portishead

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