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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Run Rabbit Run

STEVENS, SUFJAN / OSSO

Asthmatic Kitty

mercredi 20 janvier 2010, par Éric Dumais

(3.5/5) Run Rabbit ! Lorsque j’ai reçu le nouvel album de Sufjan Stevens, un étonnement assez dur à décrire s’est esquissé sur mon visage. En fait, je dois avouer que la couverture d’album m’a immédiatement interpellé. D’abord en raison de son étrangeté, car il est rare de nos jours de voir un énorme lapin flotter dans l’espace. Puis, et c’est peut-être seulement une divagation de ma part, l’expression Run Rabbit Run me rappelle un des meilleurs films d’horreur que j’ai eu la chance de visionner dans ma vie, à savoir House Of 1000 Corpses de Rob Zombie.

Run !!! La scène que je m’apprête à décrire n’aide en rien à la compréhension de l’album, mais elle va m’aider à mieux décrire le climat auquel j’ai eu droit à l’écoute de cet opus pour le moins… inquiétant. Ainsi, vers la fin du film, Otis, un tueur en série complètement fêlé, crie avec démence : « Huntin’ humans ain’t nothin’ but nothin’. They all run like scared little rabbits. Run, rabbit, run. Run, rabbit. Run, rabbit. Run rabbit. Run, rabbit, run ! RUN, RABBIT, RUN ! » En même temps que son cri, Mary, une des nombreuses victimes du scénario, court éperdument à travers un cimetière dans un attroupement de… lapin ! Évidemment, et vous vous en doutez sûrement, elle est poignardée très rapidement. Mais l’élément important dans cette scène, et c’est la raison pour laquelle je vous en parle, c’est la tension dramatique qui règne dans le cimetière.

L’atmosphère est lourde, tendue, voire totalement freak. La chanson Enjoy Your Rabbit, seconde pièce de l’opus, projette un climat d’horreur à peu près semblable. Les violons s’entremêlent et s’entrechoquent, un peu comme le duel qui unit le violon et le piano dans la sonate de Kreutzer de Beethoven, pour créer une rythmique surchargée, voire littéralement insupportable. L’orchestration est étonnante, car elle reprend en tous points la version originale de Sufjan Stevens créée en 2001 sur l’album du même nom. Et ce tour de force, on le doit au talent du quatuor appelé Osso, qui participe de fait à la totalité de l’album. Car avec Run Rabbit Run, Sufjan Stevens est réellement sorti des sentiers battus. Même que l’on est extrêmement loin de son très excellent Illinois paru en 2005…

Sur cet opus classico-expérimentalement frénétique, on revisite une musique classique pour le moins unique. En effet, et je n’exagère pas, nous sommes à des années-lumière des célèbres compositions de Beethoven, Mozart, Wagner ou autre grands compositeurs. Avec le duo Stevens-Osso, on assiste à un hommage en musique classique des différentes créatures qui représentent le signe du zodiaque chinois. Pour quelle raison ? Aucune idée ! Cependant, je me permets une seule note un peu péjorative : la musique possède une bonne teneur cinématographique, ce qui rend peut-être son écoute un peu insupportable. Mais Sufjan Stevens a pensé à tout : il nous a préparé un autre album à saveur classique, The BQE, au sein duquel il a incorporé, cette fois, un film au format DVD, histoire de nous faire saliver un peu plus. À lire très prochainement !

- Desc. : Classico-expérimental frénétique
- R.S.V.A. : Rachel’s, Hauschka, Hangedup

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