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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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The Age of Adz

STEVENS, SUFJAN

Asthmatic Kitty

mercredi 1er décembre 2010, par Éric Dumais

(3.5/5) S’il était possible d’appliquer une petite incision sur l’extrémité de la tête de l’artiste pluridisciplinaire Sufjan Stevens et de procéder à une étude éminemment scientifique de son cerveau, probablement qu’une multitude de secrets jusqu’alors inavoués seraient révélés au grand public, et, encore une fois, la science auraient eu raison. Car derrière l’image de ce jeune éphèbe au talent considérable se cachent une intelligence et une imagination pouvant sérieusement mettre au tapis un nombre considérable de brillants compositeurs modernes.

Ce dixième chef-d’œuvre de l’auteur-compositeur-interprète Sufjan Stevens, que l’on doit prononcer « odds », est définitivement à la hauteur de nos attentes les plus exigeantes. Bien présenté (on aime l’aspect simpliste traduit par les dessins qui forment la couverture), excessivement bien réalisé (ce n’est pas étonnant de la part de Sufjan Stevens, on aime à peu près tout chez lui), et d’une beauté exquise pour l’oreille, The Age of Adz n’est pas le genre d’album qui déplaît au premier coup d’oeil. D’un style un peu farfelu et fantasmagorique, car il rappelle de près l’univers filmique de Tim Burton, mais surtout celui du Magicien d’Oz, Sufjan Stevens arrive encore à nous mettre avec aisance dans sa poche, mais le plaisir est d’assez courte durée, car il y a une certaine redondance qui alourdit très rapidement les onze nouvelles pièces de cet opus.

The Age of Adz commence à pas feutrés avec l’exquise Futile Devices, sur laquelle Stevens murmure des paroles aux sons vaporeux, voire célestes, pendant qu’une magnifique mélodie jouée en arpège à la guitare l’accompagne joliment. Une des meilleures pièces de l’opus, Too Much, est la preuve vivante que le talent de l’artiste américain est incontestable. S’ensuit ensuite la captivante The Age of Adz, où exubérances électroniques et rythmiques synthétiques solides se rencontrent en terrain connu. Le restant de l’album est relativement construit sur le même calque, c’est-à-dire que la douce voix de Sufjan Stevens résonne sobrement par-dessus des mélodies au clavier spatiales, ce qui n’est pas désagréable en soi.

Définitivement, le seul bémol à formuler au sujet de ce nouvel effort d’un des plus grands multi-instrumentalistes de ce monde est le sentiment de redondance qui revient sans cesse. Les chansons sont belles, agréables, vivifiantes, mais sculptées dans le même moule. À écouter les yeux fermés et dans le noir total.

- Desc. : Électro-pop vaporeux
- R.S.V.A. : Owen Pallett, Belle and Sebastian, Jónsi

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