[]

Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

Accueil du site > Musique > S > STEVENS, SUFJAN

The BQE (+DVD)

STEVENS, SUFJAN

Asthmatic Kitty

samedi 6 février 2010, par Éric Dumais

(3.5/5) Sufjan Stevens, contrairement à bien d’autres artistes, est un musicien qui verse depuis ses débuts dans la démesure, dans l’excès et dans l’abondance. Car il vient de nous offrir, avec ce 9e opus, probablement son projet de collaboration le plus accompli de sa carrière musicale.

Sufjan Stevens a été sollicité par la Brooklyn Academy Of Music (BAM) pour célébrer le 25e anniversaire de la Brooklyn-Queens Expressway (d’où le titre The BQE), offre à laquelle il n’a pas pu résister. C’est ainsi que naquit un projet multimédia pour le moins fascinant et qui a même été présenté sur scène, à New York, il y a deux ans. Pour l’occasion, il était accompagné par des danseuses de Hula Hoop afin d’interpréter la musique en direct. En même temps, un film tourné en 16 mm et en Super 8, d’où la proéminence du grain à l’écran, montre une succession d’images de la ville de New York. C’est seulement deux ans plus tard que s’offre enfin à nous, public en soif de découvertes, l’édition complète de ce spectacle multimédia : un CD qui regroupe la musique intégrale du spectacle new-yorkais et un film de 50 minutes pour accompagner en images la bande originale.

Pour être franc, la musique sur The BQE demeure inséparable du film, car prise isolément, elle n’accroche pas, même qu’elle peut nous ennuyer à la longue, comme c’est malheureusement le cas pour Run Rabbit Run, le dernier effort de Sufjan Stevens qu’il a réalisé en présence d’Osso. Ainsi, au début du film, le Prelude On The Esplanade ouvre le bal avec une vue en trois parties de la baie de New York, au fond de laquelle on peut apercevoir d’anciens édifices de Brooklyn. L’effet est renversant, car étant donné que les trois images ne sont pas filmées en même temps, il est possible de voir apparaître des éléments, par exemple un bateau, et de le voir disparaître instantanément, comme par magie. Puis, le film continue, en même temps que la musique à tendance frénétique, sur un triptyque d’images différentes qui changent selon le rythme. Majoritairement classique, la musique accompagne à merveille des images d’édifices de toutes sortes, des autoroutes, des restaurants (on voit à quelques reprises des McDonald’s !), une multitude de camions et de voitures, et des travailleurs à l’œuvre qui défilent parfois à un rythme de croisière ou à des vitesses vertigineuses, dépendamment du rythme des compositions. Étonnamment, Sufjan Stevens, vers la moitié du spectacle, nous offre une pièce électro intitulée Movement IV : Traffic Shock qui marque le milieu de l’album, mais aussi la fin de l’écoute pour certaines personnes. Il est déconseillé aux épileptiques de s’aventurer plus loin. Sufjan Stevens nous offre des images en accéléré qui tourbillonnent devant nos yeux à des vitesses fulgurantes, avec des effets de fusion et de miroir qui finissent par nous étourdir solidement.

The BQE, dans l’ensemble, est un album qui risque de plaire énormément au fan-club de Sufjan Stevens, mais aussi aux mélomanes qui aiment expérimenter de nouvelles choses. Car la musique, comme pour la nourriture, demande une grande ouverture d’esprit.

- Desc. : Classico-expérimental avec mouvement électro
- R.S.V.A. : Osso & Sufjan Stevens, Rachel’s, Hauschka

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0