[]

Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

Accueil du site > Musique > S > STETSON, COLIN & NEUFELD, SARAH

Never Were The Way She Was

STETSON, COLIN & NEUFELD, SARAH

Constellation

vendredi 21 août 2015, par Bastien Léger

(4.5/5) Colin Stetson, célèbre saxophoniste de la scène montréalaise, et Sarah Neufeld, violoniste du groupe ultra connu et reconnu Arcade Fire, se sont associés pour nous proposer un album intitulé « Never Were The Way She Was ». Il s’agit d’un album aux ambiances minimalistes et répétitives qui nous font penser à des compositeurs tels que Steve Reich ou Philip Glass, avec un modernisme teinté de pop-rock et d’alternative rock. Cet album comprend huit compositions assez diverses qui nécessiteront de nombreuses écoutes avant d’en apprécier pleinement la qualité.

« The Sun Roars Into View » commence par une ligne de basse de saxophone au souffle continu qui se maintient tout au long de ce morceau. Le violon arrive assez rapidement afin de lancer une ligne mélodique à la mélancolie certaine. Il n’y a aucune rupture nette et précise au cours de cette composition qui n’en est pas pour autant monotone grâce aux variations au violon, ainsi qu’un chant diffus en fond qui enrichie pleinement l’ensemble. « Won’t Be Thing To Become », un des morceaux les plus courts de l’album, est une composition imparable à la mécanique bien huilée qui se manifeste par la rythmique répétitive au saxophone et par une mélodie au violon accrocheuse. On imagine un fantôme perdu au milieu de friches industrielles… Musique sans parole, musique aux multiples atmosphères, imagées et cinématographiques, via une écoute au casque, elle vous promet un voyage dans des contrées probablement inconnues. Avis aux voyageurs curieux et avides d’aventures. « In The Vespers » autorise le violon à prendre le contrôle de la composition pour ensuite laisser la place à un saxophone rapide et hypnotique. Oppressante et stressante, cette composition serait idéale dans un polar avec course poursuite. « And Still They Move » permet de faire une pause après le caractère épique du précédent morceau. Repos bien mérité du guerrier… Courte pause avant d’arriver sur « The Dark Hug Of Time » avec un saxophone omniprésent dans les basses qui propose une atmosphère caverneuse, mais où les violons sont là pour voir la sortie, la lumière… Colin Stetson est tout simplement magistral dans sa manière de jouer du saxophone. Il peut passer du classique au contemporain sans difficulté grâce à une maîtrise complète de l’instrument. « The Rest Of Us » est également bien rythmé avec un saxophone qui nous parle par intermittence. La magie opère à chaque instant… Une voix qui nous appelle… On a le sentiment que les musiciens veulent en permanence en découdre avec un mal environnant quoi que pas si clairement défini. « Never Were The Way She Was », qui est l’avant dernier morceau, permet de clore l’album sur un calme envoûtant et « Flight » nous laisse sur une plage avec le doux son des vagues ou de chutes d’eau. Est-ce une proposition afin de voguer vers de nouveaux horizons ?

S’il y a bien un mot qui résumerait au mieux cet album, c’est onirisme. Chaque morceau est une proposition de voyage dans des terres plus ou moins hostiles. C’est une musique qui ne se laisse pas apprivoisée facilement mais une fois happé par son atmosphère, on a envie de fermer les yeux et d’imaginer… L’écoute de cet album est donc fortement recommandée. En live, l’improvisation pourrait prendre une place non négligeable et donner une nouvelle dimension à tous ces morceaux dont l’adjonction d’une voix plus présente avec une chanteuse telle que Jeanne Added serait certainement porteuse de nouvelles émotions.

- Desc. : Post-minimalisme, instrumental, avant-garde
- R.S.V.A. : Matana Roberts, John Zorn, Warren Ellis

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0