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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Chronicles of SpaceGhostPurrp

SPACEGHOSTPURRP

4AD

vendredi 22 juin 2012, par Frédérick Galbrun

(2/5) Ça y est. Les rappeurs sont les nouveaux hipsters. Comme eux, ils tendent à s’homogénéiser et aplanir les aspérités qui permettaient de distinguer entre eux la nouvelle vague. Juste au niveau du look, on est rapidement confondu : skinny jeans, lunettes à grosses montures, casquette et tatouages remontés jusqu’au cou. Ce qui aurait pu être la résurrection du Hip-hop et sa salvation des enfers de la platitude risque éventuellement de le mener à sa perte. J’ai eu une pointe d’espoir avec Lil B, un vif intérêt avec Danny Brown, mais la pointe s’est émoussée et l’aiguille ne parvient plus à percer la peau pour me procurer une dose de jouissance. La culture Hip-Hop est en train de s’effondrer, peut-être pour son plus grand bien, mais je demeure nostalgique de cette vieille école qui peine à demeurer pertinente dans cette époque de consommation rapide et d’hédonisme vulgaire…

Ce qui est remarquable, c’est que les labels autrefois reconnus pour leur catalogue indie-rock tentent leur chance avec le rap. Sub Pop a su repérer le talent et s’extraire de cette mouvance débilitante en sortant l’excellent album de Shabazz Palaces. Le label expérimental Weird Forest a sorti le disque le plus intéressant de Lil B et Type (autre label expérimental) a mis la main de façon prématurée sur Main Attrakionz. Voilà que 4AD se joignent à l’aventure et nous présentent sur SpaceGhostPurrp. On nous vend l’image d’un jeune artiste de Miami qui s’inspire du rap du sud des États-Unis, citant des pionniers du genre et consommant probablement des sels de bain. Ce dernier fait aussi parti du collectif Raider Klan, regroupement de rappeurs dont SpaceGhostPurrp serait le leader. On vante aussi sur le site du label ses prouesses vocales et pourtant ici, point d’inventivité, le flow change à peine, on ne retrouve aucune créativité dans les mots ni dans les tournures de phrases. À l’écoute des paroles, difficile de voir comment se démarque le jeune homme de Miami. D’ailleurs, le plus grand succès de SpaceGP sera surement la grande chanson « Suck a Dick 2012 ». Sur cette pièce, M. Purrp nous répète abondamment à quel point il aime recevoir des fellations…d’une inventivité sans pareil, du divertissement à l’état pur.

La force du disque réside assurément dans les instrumentaux qu’il utilise pour proférer ses débilités. Même si ceux-ci sont assez sommaires, ils possèdent un cachet intéressant. Des rythmiques simples surplombées de lignes de synthétiseurs ou d’échantillons sombres et abstraits. Les ambiances sonores synthétiques sont captivantes et nous entraînent souvent dans une écoute plus profonde, ce qui permet au compositeur de qualifier son « son » de Mysterious Phonk. Mais bon, il s’agit d’un disque qui serait surement tout aussi intéressant sans les rythmes de 808 et les paroles vides. La différence avec ses semblables réside dans le fait que « Chronicles of SpaceGhostPurrp » n’est pas un disque joyeux et laisse parfois présager de bonnes choses même au niveau du contenu des chansons. Les pièces « Osiris of The East », « The Black God » et « Elevate » sont les plus intéressantes, mais la mystique est sommaire, nourrie plus par des web-résumés du Nation of Islam que de véritable traités de franc-maçonnerie. Au final, il s’agit d’un disque sans intérêt pour ceux qui croient en un renouveau du Hip-Hop. Certains affirmeront le contraire mais ils se trompent. Le changement ne se fait jamais par un nivellement vers le bas.

- Desc : Mystérieux rap ignorant du sud.
- R.S.V.A. : A$AP Rocky, Lil Wayne. Lil B.

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