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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Moda Borderline

SOMNAMBULIST, THE

Acid Cobra

lundi 6 décembre 2010, par Olivier Boivin

(4/5) Vous est-il déjà arrivé d’être hypnotisé par un chanteur à la voix nouvelle et assez puissante pour vous assimiler dans la tornade d’un opus rock psychédélique ? C’est un peu ce qui m’est arrivé avec la formation berlinoise The Somnambulist et leur nouvel album, Moda Bordeline, paru sur l’étiquette Acid Cobra (Ulan Bator, The Marigold, TV Lumiere). Aussi puissant qu’une armée, mais formé que par 3 membres, The Somnambulist est nul autre que Rafael Bord au violon et à d’autres instruments à cordes, Marcello S. aux percussions, à la batterie et aux objets hétéroclites, et finalement Marco Blanciardi au chant, aux guitares, à la batterie, au piano et aux échantillonnages.

Il y a une telle force tribale dans cet album qu’il faudrait rétablir quelques règles d’appoint à propos des maîtres de la virilité. C’est que le chanteur utilise une voix agressive, écorchée, stridente, et ne soyez pas surpris de l’entendre beugler. Heureusement, il y a assez de place pour ces élans enragés sur Moda Borderline parce qu’après tout, il faut bien faire sortir le méchant…

Groupe extraverti à faire décaper la tapisserie archicollée de mamie, The Somnambulist débute l’album avec une batterie ultra rythmée sur la pièce Red Carpet, qui se veut théâtrale, super bien incarnée, pesante. C’est une incantation des esprits sombres, une synergie fluide, et que dire du chanteur à part qu’il est parfaitement dans son élément et qu’il joue parfaitement bien son personnage. Sur la deuxième piste, Don’t You Want To Devour This War ?, on est complètement enivré, soûlé, hypnotisé, assimilé. Il y a une tornade sonore modérément expérimentale, juste assez succulente. Que dire de sa structure musicale ? Délectable ! La troisième piste, Luce, a son petit air du Moyen-Orient qui pique notre curiosité et qui nous garde en haleine. C’est alors que j’ai cru entendre du vieux The Tea Party et leur album de 1997, Transmission. Puis, le milieu de l’album s’installe avec Quinto Mistero Della Gioia qui est une pièce vibratoire contemporaine étourdissante ultra travaillée.

Moda Borderline fût, dois-je le confesser, un coup de tonnerre en plein visage, dans le sens du fameux coup de foudre, me suivez-vous ? Le courant électrique déchire les veines, accélère la circulation sanguine, électrifie l’épiderme, le derme et même l’hypoderme. Les guitares électriques ensorcellent fortement grâce aux pédales de distorsion utilisées. Le seul bémol est l’étourdissement causé à la longue par les délires et les longs solos, mais somme toute, une découverte très recommandée ! Moda Borderline m’a ravi, m’a littéralement jeté un sort. À connaître absolument !

-Desc. : Indie-prog rock
- R.S.V.A. Can, The Ex, Sonic Youth

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