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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Something Shines

SADIER, LAETITIA

Drag City

dimanche 19 juillet 2015, par Bastien Léger

(4.5/5) Laetitia Sadier, chanteuse du groupe alternatif Stereolab très connu du milieu underground, sort son troisième album en solo intitulé « Something Shines » chez Drag City. Elle propose une pop classieuse où elle alterne entre morceaux chantés/parlés en anglais ou en français. On retrouve avec plaisir cette voix onirique et sensuelle dans les grave/médium déclamant des textes surréalistes ou de critique sociale. L’ensemble forme un tout homogène avec pour chacune des chansons une spécificité propre dans le récit.

L’album débute par un « Quantum Soup » qui mêle à la fois des sonorités jazzy, free, pop aux lignes de basse remarquables faisant ainsi preuve d’un éclectisme sans limite. Les cassures et changement de rythmes se font cependant en douceur. La conclusion, un brin pessimiste, vous laissera sur des questions d’ordre politique et social comme après la lecture d’un bon livre.

« Then, I Will Love You Again » est sans aucun doute le “single” de l’album. Une mélodie accrocheuse, une orchestration subtile ainsi qu’une rythmique simple et efficace vous feront revenir à cet album rapidement. « The Milk of Human Tenderness » plus introspectif est également très prenant malgré une durée trop courte. Laetitia Sadier n’hésite pas à sortir du schéma couplet-refrain pour nous proposer une pop intemporelle où la présence des cuivres et de lignes basses marquantes vous amène vers une addiction quasi automatique. « The Scene of The Lie » est à part dans l’album avec une intro instrumentale minimaliste qui nous mène finalement à un texte de Guy Debord.

Laetitia Sadier sait très bien combiner pop de qualité avec poésie et philosophie. « Release From The Centre Of Your Heart » est un morceau beaucoup plus léger mais pas pour autant anodin. Il pourrait être parfaitement inclus dans une BO pour une série mélancolique. « Butter Side Up » est tout simplement beau. Ce qui est récurrent et d’appréciable est cette capacité de Laetitia Sadier à écrire des morceaux d’une simplicité apparente immédiate mais qui s’incruste rapidement dans votre mémoire. Il n’y en a jamais de trop, juste ce qu’il faut et c’est un trait de caractère des grands. « Transhumance », très posé, très calme, est glacial. On pense parfois à Bjork à son écoute. « Echo Port » commence par un texte en français assez surprenant qui vous donnera envie d’en savoir plus sur les sources d’inspiration de cette chanteuse à part dans le milieu de la pop. « Oscuridad » commence par un riff folk et une interprétation habitée. Morceau le plus minimaliste de l’album d’un point de vue instrumental, les accents portés par Laetitia Sadier vous hypnotisent, vous happent avec ce mélange de paroles en anglais et français pour brouiller les pistes. L’album se termine sur un « Life Is Winning » magnifique avec des chœurs envoûtants en intro et des textes qui nous encouragent à ne pas baisser les bras, délivrant ainsi une note d’optimisme malgré la noirceur de notre monde actuelle même si « ce sera long… ».

Finalement, tout amateur de pop expérimentale peut se procurer sans hésitation cet album excellent à tout point de vue. Les compositions ainsi que les orchestrations sont de très bonne qualité et la voix de Laetitia Sadier voutout simplement sublime. Addiction assurée.

- Desc. : Pop expérimentale
- R.S.V.A. : Stereolab, Nouvelle Vague, CocoRosie

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