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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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The Trip

SADIER, LAETITIA

Drag City

mercredi 20 octobre 2010, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) La chanteuse de Stereolab poursuit sa lancée créative avec un autre intéressant album solo, son 4e en carrière, que ce soit en quatuor sous le nom Monade ou le sien, et le premier depuis la séparation (temporaire ?) du duo qu’elle formait avec son ex-conjoint Tim Gane, en 2009. Emoragei parlait de son œuvre précédente ici : http://www.emorageimagazine.com/old...

Avec quelques pièces qui sonnent plus rock que jamais (comme la très cool One Million Year Trip en ouverture) tout en conservant une ambiance générale assez vaporeuse, presque kitch lounge (Fluid Sand), Sadier propose à la fois nouveauté et constance par rapport à son œuvre. Conçu comme un « trip » assez psychédélique par moments, l’album fait place à des envolées instrumentales et des changements rythmiques assez radicaux au sein de certaines chansons. Assez à l’aise dans le folk naïf et mystérieux (Natural Child), on sent assez rapidement les limites vocales sur les morceaux plus élaborés, comme cette audacieuse reprise du standard jazz Summertime que plusieurs grandes chanteuses ont magnifiquement livrée. La Française de 42 ans ne fera pas partie du club sélect.

Quand Sadier s’en tient à ce qu’elle fait de mieux, c’est-à-dire les morceaux minimalistes et intimistes comme la très belle et langoureuse Statues Can Bend, on atteint des sommets de rêveries planantes mêlées du charme sensuel – et un brin maladroit - de la Française qui chante dans la langue de Shakespeare. Le charme opère un peu moins bien sur la tentative de smooth funky disco à la Feist sur Un soir, un chien (oui, en français) qui frise la quétainerie à la Joe Dassin ou Dalida avec ses « ouistitis » répétés. Enfin, on ne pourra pas lui reprocher d’essayer différentes formules.

Au final, on a là un album fort agréable qui n’est pas parfait. Aucune chanson renversante qui marquera votre vie. Quelques moments maladroits. Mais tout de même l’agréable impression d’avoir pu libérer son esprit pendant trois quarts d’heure, d’avoir pu rêvasser au son de la voix matte de Laeticia Sadier et de ses mélodies à quatre notes sur guitares aux sonorités groovy.

- Desc. : Indie pop Stereolab-esque
- R.S.V.A. : Cat Power, Monade, Feist

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